Fanfic : Amoureuse d'un pirate Chapitre 10

Fanfic : Amoureuse d'un pirate Chapitre 10
Chapitre 10 : Entrevues

Je dois le voir...


Telle était la pensée qui l'obsédait depuis maintenant une semaine, depuis qu'ils étaient rentrés à Konoha, en réalité.

Ils avaient aussitôt embarqués, dès que les hommes de Neji les avaient découverts, prenant place dans le bateau de celui-ci. Sasuke avait été enfermé dans la cale, sous bonne surveillance d'une demi-douzaine d'officiers.

Elle avait passé la traversée dans la cabine de Neji, sans qu'ils ne discutent, condamnée à rester seule, puisqu'il était toujours sur le pont. Les seuls mots échangés entre eux avaient été employés pour des formules de politesse.

Ils étaient arrivés à bon port trois jours plus tard, retrouvant ainsi son île natale, où son père l'attendait avec hâte. Il l'avait serré dans ses bras et lui avait murmuré à l'oreille qu'elle lui avait manqué, et qu'il s'était inquiété pour elle.

Elle avait été heureuse de le retrouver, ce n'était pas le problème. Seulement, la situation faisait qu'elle n'était pas à l'aise. Elle ne pouvait décemment pas aller bien alors que l'homme qu'elle aimait se trouvait dans une cellule, à peine à plus de 500 mètres d'elle. Elle ne pouvait pas être heureuse en sachant qu'il allait être exécuté le lendemain, et qu'elle se marierait deux semaines plus tard avec un homme qu'elle n'aimait pas.

Elle appella ses domestiques, pour qu'elles l'aident à enfiler sa robe d'un violet pâle. Elle avait pris sa décision. Elle le verrait. Quoiqu'il lui en coute. Parce qu'elle ne pouvait pas continuer sa vie comme si de rien n'était, en ignorant s'il lui avait menti.

Elle descendit sur le pas de sa maison, renonçant à utiliser un autre moyen de locomotion que ses jambes, puisqu'une calèche attirerait bien trop les regards. Aussi traversa-t-elle la rue, marchant rapidement, cherchant une excuse qui lui permettrait de justifier l'entrevue qu'elle désirait.

Elle arriva enfin devant la prison, et soupira longuement, pour se donner du courage. La jeune lady pénétra dans le sombre batîment, et s'avanca vers les deux gardes qui en surveillaient l'entrée.

- Je souhaite voir le détenu Sasuke Uchiwa, déclara-t-elle d'une voix forte et impérieuse, pour leur montrer qu'elle savait ce qu'elle faisait.

Les deux hommes échangèrent un regard confus, avant de tourner de nouveau la tête vers elle.

- C'est que, mademoiselle, on nous a interdit de laisser quiconque le voir, donc on n'a pas le droit de vous laisser le voir...

Elle les regarda droit dans les yeux, d'un air glacial, pour appuyer ses paroles.

- Savez-vous qui je suis ? Je suis Sakura Haruno, la fiancée de Neji Hyuuga, celle qui a été enlevé par ce maudit pirate, et j'estime avoir le droit de me confronter avec lui avant sa pendaison. Mais si vous préférez que j'aille voir mon fiancé...

Les deux sous-officiers échangèrent un nouveau regard, en déglutissant. Ils risquaient leur carrière, s'ils ne faisaient pas ce qu'elle voulait. Mais en même temps, c'était un ordre qu'on leur avait donné... Finalement, ils décidèrent de lui obéir, quand ils virent à quel point elle semblait sûre d'elle.

- Je vais vous y accompagner, mademoiselle.

Ouf, je n'aurais pas imaginé aller voir Neji pour lui demander de le voir... Heureusement que ça a marché.


Elle descendit lentement les marches insalubres en prenant garde de ne pas glisser, tant elles étaient humides. Elle n'osait même pas prendre appui au mur, avec la tonne de mousse qui le recouvrait.

- Il est au fond, mademoiselle Haruno. Je vais vous accompagner, au cas où.

- Ce n'est pas la peine. Je me débrouillerai seule. Laissez-moi.

- Mais milady...

- Il suffit. J'ai dit, laissez-moi.

Penaud, le garde s'éloigna, gardant un ½il prudent et inquiet sur elle jusqu'à ce qu'il disparaisse dans l'escalier. Elle soupira. Enfin débarassée.

Elle jeta un coup d'½il sur le couloir qui lui faisait face. Il était sombre, et elle n'en voyait même pas le bout. Un léger frisson hérissa sa peau, lui donnant la chair de poule, mais elle se reprit. Elle avait vécu bien pire, elle n'allait pas flancher devant si peu.

Elle avança rapidement, d'une démarche assurée, contrairement à son c½ur, qui battait plus vite, d'un rythme affolé. Elle entendit des rumeurs s'élever lentement des cellules qu'elle longeait, et qu'elle refusait de regarder, pour ne pas avoir davantage peur que maintenant, son sang se glaçant dans ses veines.

Enfin, elle arriva à la dernière cellule. Elle prit une profonde inspiration et s'avança vers celle-ci. Elle n'y voyait rien, et ne savait même pas s'il était vraiment là. Il valait mieux qu'elle ne se soit pas trompée.

- Sasuke ? appela-t-elle doucement, redoutant de s'être trompé.

Il n'y eut aucune réponse, jusqu'à ce qu'un soupir se fasse entendre tout au fond de la cellule.

- Sasuke ? répéta-t-elle, quasiment certaine que c'était lui, maintenant.

Quelqu'un bougea, dans le noir qui obscursissait la geôle, et s'approcha des grilles, et donc d'elle, sans qu'elle ne fasse un geste pour reculer.

- Sakura...

Elle retint ses larmes, heureuse de voir de nouveau son visage, de pouvoir contempler ses traits, qui lui avait tellement manqué, pendant la semaine où ils avaient été séparés.

- Je suis contente de voir que tu vas bien...

- Sakura, qu'est-ce que tu fais ici ? demanda-t-il, sans se préoccuper de lui répondre.

Sa réponse lui fit mal, mais elle n'en dit mot. Tout ce qui comptait, c'était de pouvoir le voir, de pouvoir l'entendre, de pouvoir sentir sa présence.

- Je suis venue te voir, c'est tout...

- Pars. Retourne chez toi.

- Sasuke, je ne peux pas. Tu es peut-être capable d'effacer ce qui s'est passé entre nous, mais moi je ne peux pas.

Il poussa un nouveau soupir, et tourna les yeux, fixant un point invisible sur le mur d'en face.

- C'est là que tu fais erreur, il ne s'est rien passé entre nous, Sakura, rien du tout. Nous avons couché ensemble, c'est tout. Tu accordes bien trop d'importance à ça, sans doute parce que tu étais vierge. Les femmes vierges sont bien trop romantiques.

Les larmes coulèrent de ses yeux, sans qu'elle ne puisse s'en empêcher.

- Non ! Tu mens Sasuke ! Tu peux me mentir à moi, mais tu ne pourras jamais te mentir à toi-même, répondit-elle, sa voix légèrement troublée par les sanglots qui commençaient à l'agiter. Ce n'était pas rien. Ca ne l'a jamais été. J'ai fait l'amour avec toi parce que tu es l'homme que j'aime, pour aucune autre raison. Et tu n'es pas le salopard que tu essayes de jouer. Je le sais. J'ai voyagé avec toi pendant assez de temps pour le savoir. Tu es un homme généreux, intelligent, tendre, et tellement d'autres qualités qui m'ont fait tomber amoureuse de toi. Alors arrête de vouloir nier ce qui s'est passé, je t'en supplie.

Il ne lui répondit pas, continuant à fixer le mur. Elle essuya rapidement ses larmes d'un geste rageur, se mordant les lèvres pour reprendre un peu contenance, avant de se tourner de nouveau vers lui.

- Dis-le. Dis-le-moi en me regardant dans les yeux. Dis que ça n'a jamais rien voulu dire, et que tu regrettes cette nuir. Dis que tu n'as fait que ça que pour gagner contre Neji. Dis-moi que tu ne m'aimes pas. Dis-le en osant me regarder en face.

Il évita son regard pendant de longues secondes, puis plongea enfin ses yeux dans les siens. Il avait décidé de lui mentir. Mais en voyant ses si beaux yeux verts embués de larmes, il ne pouvait se résoudre à cela. Quel égoïste il faisait, décidémment.

Il leva doucement sa main et la fit passer à travers les barreaux, pour effacer les sillons de larmes qui avaient dévalés ses joues, avec autant de délicatesse que si elle n'était qu'une fragile poupée de porcelaine. Elle ne tressaillit pas, et ne se déroba pas à sa caresse, gardant ses yeux dans les siens, pour y chercher sa réponse.

- Comment peux-tu lire en moi avec autant de clarté, Sakura ? finit-il par répondre, un demi-sourire aux lèvres, l'air légèrement amusé.

Elle ne put se retenir davantage et approcha son visage des barreaux, pour capturer ses lèvres avec les siennes, lui offrant le plus langoureux baiser qu'elle lui avait jamais donné. Il y répondit avec au moins autant d'ardeur, sinon davantage, enroulant sa langue autour de la sienne avec passion, caressant ses cheveux et sa nuque comme il pouvait. C'était comme si rien n'existait plus autour d'eux, comme s'ils étaient seuls au monde. Parce que c'était lui, parce que c'était elle, et parce qu'ils étaient tout ce qui comptait pour l'autre.

Il sépara leurs lèvres à regret, lui souriant tristement.

- Tu dois partir maintenant, Sakura. Les idiots qui nous servent de gardes vont se douter de quelque chose, si tu restes plus longtemps.

- Je... ne veux pas... que tu meures, Sasuke, sanglota-t-elle doucement, en gardant la tête appuyée contre les barreaux. Je ne veux pas te quitter...

Il soupira et se pencha à son oreille, pour lui murmurer quelque chose qu'il s'était toujours refusé de dire, qu'il s'était interdit de reconnaître, et qui n'allait appartenir qu'à elle, pour le reste de sa vie.

- Je t'aime...

Elle releva subitement la tête, stupéfaite. Jamais il ne lui avait dit. Il lui offrit un dernier sourire, puis appela les gardes d'une voix forte.

- Officiers, je crois que cette dame en a fini avec moi.

Les pas des gardes se firent entendre, de plus en plus proche d'eux, et elle serra ses mains sur les barreaux.

- Non, je t'en supplie... Sasuke...

Il lui sourit, et s'écarta des barreaux, laissant ainsi un mètre entre eux, tandis que les gardes se précipitaient vers elle pour la soutenir, puisqu'elle manqua de s'effondrer à la minute où il rétablit de la distance entre eux.

Ils la raccompagnèrent à l'étage, laissant le jeune Uchiwa la regarder s'éloigner de lui, un sourire triste aux lèvres.

- C'est elle, la femme dont tu es tombé amoureux ? demanda une voix rauque, du fond de la cellule.

Sasuke se retourna vers la personne qui partageait sa cellule, fixant de ses pupilles noires la même paire d'yeux qui appartenaient à la personne en face de lui.

- Oui, c'est elle. Et maintenant, écoute bien ce que nous allons faire demain, Itachi.

oOoOoOo

- Je ne peux pas vous épouser, Neji.

Celui-ci releva des yeux surpris vers elle, réellement stupéfait de l'annonce qu'elle venait de lui faire. Elle avait débarqué dans son bureau sans s'annoncer au préalable, déclarant qu'elle devait lui parler, et ce sur le champ. En temps normal, il lui aurait dit qu'il était occupé et qu'il lui parlerait plus tard, sans le faire, mais elle dégageait une telle force, une telle aura, qu'il avait eu envie de savoir ce qu'elle lui voulait, et qu'il avait donc fait sortir ses subordonnés pour apprendre ce qui la troublait. Il devait avouer qu'il n'avait pas été déçu.

- Je ne comprends pas très bien, mademoiselle.

Elle ne se démonta pas, restant droite, sans que son regard ne fléchisse. Il la trouva subitement magnifique. Bien sûr, elle était belle, ce n'était pas pour rien qu'elle était décrite comme la plus belle femme des alentours, mais là, elle était vraiment sublime, parce qu'elle s'affirmait, et parce qu'elle dégageait quelque chose qu'il n'avait jusqu'alors jamais soupçonnée en elle.

- C'est très simple. Je refuse le mariage. Je ne veux pas me marier avec vous.

- Et pourquoi donc, Sakura ?

Elle soupira, et lissa sa robe, pour que ses jupons soient de nouveau parfaits. Elle se doutait bien, avant de venir, que ce serait difficile de le convaincre. Mais elle le devait. Parce qu'elle refusait de vivre dans le mensonge.

- Je suis tombée amoureuse. Et pas de vous. J'ai cru pendant longtemps que vous étiez ce que je recherchais,
je suis obligée d'avouer que ce n'est pas le cas. Sans vouloir être offensante bien entendu.

Son empressement à vouloir rester courtoise lui arracha un petit sourire. Elle restait prévenante, même en lui annonçant qu'elle ne l'aimait pas, et qu'elle comptait annuler leur union. Il se surprenait à penser que dans une autre vie, ils auraient pu être amis. Dommage qu'ils n'aient pas le choix, autant elle que lui.

- Je comprends Sakura. Mais je ne peux pas le permettre. J'en suis désolé.

Pour la première fois, elle s'énerva. Etrangement, il ne l'avait jamais trouvé aussi jolie qu'à ce moment-là.

- Bon sang, Neji ! Ne comprenez-vous pas ? Je ne suis pas amoureuse de vous, je ne le serai jamais ! Vous ne pouvez pas non plus tomber amoureux de moi, je le sais ! Alors attendez de trouver la femme qui vous est destinée, et laissez-moi vivre en paix avec l'homme que j'aime ! Libérez Sasuke, et laissez-moi partir avec lui ! Nous ne reviendrons jamais, nous resterons loin de vous, mais laissez-le en vie, je vous en prie ! C'est la seule faveur que je vous demande, alors je vous en supplie, excausez moi ! Je suis prête à me mettre à genoux, s'il le faut.

Il ne lui répondit pas pendant plusieurs minutes, ce qui la fit penser qu'il attendait de voir si elle était sérieuse.

Elle s'agenouilla donc devant lui, en baissant la tête. Elle qui avait toujours tenu tête à ses opposants, elle se retrouvait à terre pour supplier l'homme qu'elle pensait avoir asujetti. Quelle ironie du sort.

Il s'abaissa à sa hauteur et la releva doucement, faisant preuve de plus de tendresse qu'il ne l'avait jamais fait avec elle. Il la fit s'asseoir sur un fauteuil, puis s'assit en face d'elle, en soupirant profondément.

- Je comprends ce que vous ressentez Sakura. Mieux que vous ne le pensez. Je suis également tombé amoureux de quelqu'un, en votre absence.

La jeune femme aux cheveux roses écarquilla les yeux, stupéfaite. C'était tout sauf ce à quoi elle s'attendait.

- Mais... alors pourquoi vouloir toujours vous marier avec moi ?

- Parce que nous ne décidons pas Sakura. Nos vies sont tracés d'avance, et nos destins déjà écrits. Si nous nous sommes fiancés, c'est parce que nous devions nous unir. Nous ne l'aurions pas fait, si nous avions été faits pour les personnes que nous aimons. De plus, elles sont tous les deux incompatibles avec notre rang.
Vous vous êtes épris d'un pirate, et moi d'une servante. Ce n'est pas possible, et nous le savons depuis le début. Je suis désolé, vraiment. Mais nous devons nous marier, c'est ainsi.

Elle soupira de découragement, s'affalant un peu plus dans son fauteuil. Alors, le destin gagnait toujours, hein ? Elle ne pouvait pas contester ça, elle ne pourrait jamais se rebeller contre ce foutu sort qui lui était imposé ?
C'était ça, bon sang, vivre ? Accepter ce qui nous arrivait sans broncher ? Mais ça servait à quoi, alors ?

- Comment est-elle ? finit-elle par dire, au bout d'un long moment de silence.

Il sourit, comprenant tout de suite de quoi elle parlait.

- Brune, plutôt grande. Elle a les yeux marron, et ses cheveux sont toujours attachés en espèces de macarons. Elle n'est pas vraiment féminine, et a appris à se battre avec son père quand elle était toute jeune.

Sakura éclata de rire, et le jeune Hyuuga se surprit à la rejoindre quelques secondes plus tard. Décidément, ils étaient faits pour s'entendre sur un certain nombre de points. Elle se leva doucement, et se dirigea vers la porte.

- Merci Neji... pour votre compréhension, et votre sincérité...

Elle quitta la pièce, le laissant seul, légèrement mélancolique. Elle tourna le regard et se figea un instant, en serrant les poings, avant de se mettre presque à courir jusqu'à chez elle, pour s'effondrer sur son lit.

Un peu plus loin, tout près du bâtiment de la Marine, des hommes en uniformes terminaient l'échafaud sur lequel Sasuke Uchiwa serait pendu, demain matin...

A suivre...



Chapitre enfin terminé !!!! J'ai mis tellement de temps à l'écrire, celui-là aussi!! Mais finalement, il est là, enfin écrit !!!

J'espère qu'il vous plaira, il ne reste plus que deux chapitres avant la fin !!!

Bisouxxxxxxxxxxxxxxxxx at all,

Sakuraharuno6724

# Posté le vendredi 13 mars 2009 16:53

Petite intervention de l'auteur, donc moi V.V

Petite intervention de l'auteur, donc moi V.V
Hello les gens!!! ^^

Je vous remercie de tous vos gentils commentaires, qui m'encouragent à continuer mes fictions, que j'aurais déjà abandonnée depuis longtemps sinon U.U

Le prochain chapitre de "Amoureuse d'un pirate" sera bientôt posté, puisqu'il est déjà écrit, le prochain étant déjà en cours d'écriture!!! Ce que je peux vous révéler sur le chapitre 8, c'est que l'issue du pari sera connue! ^^ Et le grand gagnant est... SUSPENS!!! XD

Toute façon vous devez déjà l'avoir deviné U.U A moins que vous ne sachiez pas que je suis une incroyable fleur bleue XD la preuve, toute mes fics sont basées sur la romance V.V

J'ai juste une petite chose à vous demander ; pourriez -vous lire les deux one-shot publiés précédemment et mettre des commentaires? Ce serait vraiment gentil, et je risquerai de vous mettre deux ou trois chapitres assez rapidement! ^.^

Le premier je t'aime...

Tout simplement parce-que je l'aime...

Merci d'avance!!! ^^

# Posté le vendredi 30 janvier 2009 05:38

Modifié le vendredi 30 janvier 2009 05:54

Fanfic : Amoureuse d'un pirate Chapitre 11

Chapitre 11 ; Sans moi...

Il faisait beau, comme quasiment tous les jours à Konoha. L'île étant située sur une latitude centrale, il y faisait chaud pratiquement toute l'année. Le ciel était d'un bleu parfaitement limpide, la mer était calme, et c'était aujourd'hui que Sasuke Uchiwa allait être exécuté.

Toute la population de la ville était déjà réunie autour de l échafaud, attendant avec impatience de voir le fameux pirate, si connu pour ses prouesses et son charme dans tous les ports. Les personnalités étaient installées dans des petites alcôves qui surmontaient la foule, pour leur permettre de mieux voir la mise à mort.

Parmi ceux-là, Sakura crispait nerveusement ses mains blanches et fines sur sa robe.
Elle avait réfléchi toute la nuit au moyen d éviter son exécution, ne pouvant fermer l Sil, pour se retrouver à l aube sans aucune solution, sinon que de le regarder mourir. Soit. S'il mourrait, elle périrait avec lui, de sa propre main. Le suicide ne lui faisait pas peur ; elle n aurait qu'à se rendre chez un apothicaire et demander du poison, qu'elle avalerait pour le rejoindre. Dieu soutenait les amants sincères.

Elle jeta un coup d'oeil à la pendule de l église, comptant les minutes avant qu'il n arrive. Ca lui faisait tellement peur. Elle espérait qu'il avait prévu un plan pour s échapper, elle le souhaitait de tout c½ur, après tout, il était celui qui avait échappé plus d une centaine de fois aux officiers de la Marine. Alors, peut-être y arriverait-il encore aujourd'hui...

Et dire qu'elle avait juré afficher son plus beau sourire à sa pendaison...

Enfin, des tambours annoncèrent son arrivée. En effet, quelques instants plus tard, la carriole qui le conduisait à son lieu d'exécution apparut au fond de la place, ralliant lentement l échafaud, déclenchant les rumeurs des badauds.

Elle mordit sa lèvre rosée, plus inquiète que jamais. Lui avait-on fait subir des heures de torture avant de le laisser sortir ? Pour lui faire avouer où se trouvaient ses hommes, et la fortune qu'il avait dérobé à bon nombre de bateaux marchands ?
Elle était néanmoins certaine qu'il n avait rien dit. Il était bien trop fier pour cela. Quand il savait qu'il ne fallait rien dire, il ne prononçait mot, surtout quand il s agissait de protéger des gens qui lui étaient chers. Et elle savait parfaitement que son équipage comptait énormément pour lui, la preuve, elle l avait vu s interposer pour éviter que l un d entre soit blessé, au risque de prendre le coup. Bien entendu, ce n n'était pas arrivé, puisqu'il était bien trop agile pour cela.

Il sortit enfin de la carriole, et elle poussa un léger soupir de soulagement. Il était sain et sauf, et ne portait pas la moindre trace de blessures. Dieu soit loué. Il était merveilleusement beau, en dépit de sa captivité, une beauté telle que ça en devenait presque une insulte pour le commun des mortels. Une sorte d aura de magnificence se dégageait de lui, et le rendait tellement attirant&

Il avança lentement vers l'échafaud, toujours aussi fier et impérieux. C était comme si il avait décidé tout ça, comme si toute cette scène qui se déroulait devant ses yeux n était qu'une pure comédie dont il avait le rôle principal, une pièce qu'il aurait créée lui-même.

Etrangement, il semblait faire cet effet à tout le monde, puisque toute la foule s était tue à son arrivée. Alors que d ordinaire, les badauds huaient le condamné et, dans le pire des cas, jetaient à sa figure des fruits pourris ou des pierres. Mais là, rien. Tout le monde semblait respecter les derniers pas de cet homme, dans le silence le plus total.

Enfin, il fut à côté du poteau de pendaison. La corde pendait, se balançant au rythme du vent, dans un mouvement lugubre, cette même corde qui serrerait son cou jusqu'à suffocation, les pointes de ses cheveux dressés en piques bougeant doucement sous la légère brise qui agitait le port.

La scène semblait étrangement figée pour la jeune femme, qui crispa ses poings sur le jupon de sa robe blanche, couleur de pureté. Couleur imposée assez étrange pour une exécution.

Puis, le gouverneur, son père, prit enfin la parole, énonçant la condamnation.

- Sasuke Uchiwa, vous êtes déclaré coupable de piraterie, et pour ce crime, êtes condamné à être pendu, jusqu'à ce que mort s'en suive. Avez-vous quelque chose à ajouter avant l'exécution?

- Deux choses, en vérité. D'une part, c'est capitaine Sasuke Uchiwa.

Elle reconnaissait bien là sa fierté démesurée? Il tenait, même dans l'attente de sa mort, à ce qu'on respecte son titre.

- D'autre part, je tiens à souligner quelque chose. Je ne suis pas le seul dans l'assemblée à mériter la pendaison.

Il fit silence, pour ménager son effet, tandis que des murmures naissaient au sein de la foule. Sakura elle-même ne comprenait pas où il voulait en venir. A quoi jouait-il à quelques instants de sa mise à mort?

- N'est-ce pas, général Hiashi Hyuuga? Ajouta-t-il, avec un petit sourire, entendant les cris d'exclamations de la foule.

Stupéfaite, la jeune lady tourna la tête vers celui qui devait devenir son beau-père. Celui-ci gardait un visage froid et impassible, mais elle devinait la tension qui l'agitait grâce à la crispation de ses poings. Mais qu'est-ce que Sasuke voulait dire par là? Le général était l'homme le plus stricte et vertueux, ou plutôt, le plus attaché aux lois et au maintien de l'ordre qu'elle connaissait, et elle ne pouvait croire qu'il ait un jour enfreint cette loi qu'il mettait un point d'honneur à faire respecter.

- Comment oses-tu accuser mon père ainsi, et l'insulter en le comparant à toi, Uchiwa? S'emporta Neji, furieux, se levant de son siège, le visage rouge de colère.

- Tu ferais bien de m'écouter, Neji Hyuuga. Ton père n'est pas si blanc comme neige, alors assieds toi et écoute, plutôt. Il y a dix-sept ans de cela, un incendie a ravagé le manoir d'une famille de quatre personnes. Les deux parents de ce clan sont morts, leurs corps consumés par les flammes après s'être fait tirer dessus. Il y avait deux enfants, deux garçons. Le plus grand a été gardé en vie pour être déclaré coupable de cet incendie. Le plus jeune a survécu en se cachant dans un placard, et s'est enfui dès qu'il en a eu l'occasion et a été recueilli sur le navire du pirate Kakashi. Il est devenu pirate à son tour, cultivant au plus profond de lui l'envie de se venger. Il s'en est fait le serment. Mais pas de celui de se venger de son frère, puisqu'il le savait innocent. Il s'est juré de rendre la monnaie de sa pièce au véritable assassin. Celui qui s'est débarrassé de cette famille après avoir violé la mère de cet enfant, et que le mari de celle-ci ait menacé de porter l'affaire devant la magistrature. Cette famille...

Le père de Neji ne disait mot, se contentant de fixer dans les yeux celui qui l'avait accusé de légitimité à la potence. Sakura pressentait la fin de l'histoire, mais refusait de l'admettre, tant elle lui paraissait affreuse. S'il s'agissait bien de ce qu'elle pensait, alors jamais elle ne pourrait plus regarder l'homme en question en face, et jamais elle ne pourrait s'empêcher de se sentir triste à l'idée de cet enfant qu'elle croyait connaître.

- Cette famille s'appelait Uchiwa.

Il avait dit ça d'une voix blanche, l'air complètement détaché, mais elle savait à quel point cette histoire l'avait blessé. Des exclamations fusaient de partout, avant que le silence ne revienne d'un coup, attendant la suite des révélations du jeune pirate.

- L'homme qui a tué ma famille a d'abord assassiné mon père, puis ma mère qu'il avait souillée, en leur tirant une balle dans la tête. Puis il a fait renverser de l'huile sur le sol, avant de mettre le feu à la maison. Cette homme porte une cicatrice à la main droite, à cause du poignard que lui a enfoncé mon frère avant d'être arrêté.

La jeune femme aux cheveux roses se rendit alors compte que le général portait toujours des gants, quelque soit la saison. D'ailleurs, en jetant un ½il à ses mains, elle remarqua que ce jour ne faisait pas exception.

- Enfin, Hiashi, que raconte ce jeune homme? Est-ce vrai? Demanda le père de Sakura, troublé au possible.

- Ce ne sont que des inepties. Je ne connais cet homme que par ses actes de piraterie. Ce qu'il raconte est entièrement faux, répondit le général, d'une voix forte et presque méprisante.

- Montrez leur donc votre main droite, général, déclara Sasuke, un large sourire aux lèvres, en accentuant le dernier mot de la phrase, comme par ironie.

Toute la foule suivait l'échange sans dire mot, attendant fébrilement le fin mot de l'histoire, les yeux rivés tour à tour sur le jeune capitaine et le patriarche de la noble famille Hyuuga. Le gouverneur se tourna lentement vers ce dernier, les sourcils froncés.

- Hiashi, enlevez votre gant droit, et ôtez moi d'un doute horrible.

Le général ne broncha pas, ne disant mot, restant aussi figé qu'une statue pendant de longues minutes qui semblaient des heures à Sakura, qui le fixait de ses prunelles d'émeraude, se doutant déjà de ce qu'elle allait voir. Après tout, Sasuke avait beau être orgueilleux, prétentieux et arrogant, ce n'était pas un menteur.

Soudain, la main gauche d'Hiashi Hyuuga se posa sur la droite, tirant doucement dessus, révélant alors sa main blanchâtre, semblable au schiste, et elle éprouva une curieuse envie de la toucher pour savoir si elle était poudreuse, à l'instar de la craie.

Des cris s'élevèrent dans la foule et les dames de la tribune portèrent leurs mouchoirs dentelés à leurs bouches pour étouffer leurs cris, tandis que Neji palissait à vue d'½il. Sakura, elle, se contentait de fixer la cicatrice ronde qui ornait le dos de la main du général.

- Hiashi...

Le gouverneur affichait un air combinant déception, horreur et incompréhension. Son meilleur ami se révélait être un monstre de la pire espèce.

- Père, non...

Neji semblait lutter contre l'évidence, chancelant légèrement. Une jeune femme parmi les serviteurs courut vers lui pour le retenir, et au regard qu'elle lui lançait, Sakura sut qu'il s'agissait de la dénommée Tenten. Parce qu'il n'y avait qu'elle pour avoir un regard si plein d'inquiétude et d'amour à l'égard du jeune capitaine de la marine. Un regard que Sakura connaissait bien. C'est le même qu'elle posait sur Sasuke quelques instants auparavant.

- Je n'ai qu'une chose à ajouter. Ma mère était enceinte quand vous l'avez assassiné. Vous avez tué votre propre enfant.

La jeune lady eut envie de vomir. Le père de son fiancé avait commis le pire crime à ses yeux : tuer un bébé, même s'il n'était pas encore né. C'était tout bonnement affreux. Et dans les yeux du général, elle crut discerner une lueur de tristesse. Mais peut-être n'était-ce que son imagination qui lui jouait des tours.

- Maintenant, si vous voulez bien m'excuser...

Le jeune homme écarta soudainement ses poignets faisant tomber à terre la corde qui les avait retenus. Un instant stupéfaite, Sakura remarqua ensuite qu'il tenait un mince couteau dans sa main droite, lame qu'il avait du cacher dans une de ses bottes à son arrestation.

- Permettez- moi de vous fausser compagnie!

Il assomma le bourreau d'un coup de poing, et courut sur les remparts, sous les applaudissements du public qui s'écartait à son passage pour faciliter sa fuite, empêchant même les gardes qui s'étaient lancés à sa poursuite de passer.

Sakura se leva de sa chaise et se précipita vers les escaliers, pour s'enfuir avec lui. Elle en était certaine ; il lui avait menti pour la protéger. Peut-être pensait-il à l'époque ne pas s'en sortir, et avait-il préféré être sur qu'elle soit à l'abri du besoin.

Elle savait que c'était insensé, qu'elle trahissait toute sa manière de vivre, qu'elle désobéissait à toutes les convenances. Et elle s'en fichait. Parce qu'elle oubliait tout ça au profit d'une de ses plus profondes convictions. L'amour.

Elle dévala les marches et arriva sur la place, luttant pour se frayer un chemin à coup de coudes dans la foule excitée. Elle le voyait, de loin, aussi beau et fier qu'au premier jour, se tenir tout droit face à la tribune qu'elle occupait quelques instants plus tôt; les yeux fixés dans ceux du général.

 Au fait, vous ne m'en voudrez pas d'avoir rendu sa liberté à un innocent, n'est-ce pas? Ajouta-t-il, goguenard.

 Gouverneur, gouverneur!

Deux soldats arrivaient en courant, essoufflés, l'air affolés et peureux, ruisselant de sueur, et s'arrêtèrent devant les gradins.

 Le... Le détenu Itachi Uchiwa! Il n'est plus dans sa cellule! Il a disparu!

Un sourire de contentement aux lèvres, le capitaine attrapa son chapeau et le retira en s'inclinant devant la tribune des nobles, puis la foule qui l'acclama.

Quelques mètres seulement la séparaient de lui. Elle redoubla d'efforts et s'extirpa enfin de la masse d'habitants qui l'empêchait de le rejoindre.

 Sur ce...

Alors, le temps sembla s'arrêter, tandis que son corps penchait vers l'arrière, jusqu'à tomber par dessus les remparts. Une seconde passa.

Puis...

 NONNNNNN!!!!

Elle se précipita sur les créneaux derrière lesquels son amant avait basculé et baissa son regard. Il était vivant, et nageait vers un bateau. Mais... c'était le sien! Elle le reconnaitrait entre milles, avec son mat immense, et la sirène à son avant.

Elle hurla son nom, une fois, à s'en couper le souffle, déchirant le silence.

Il ne se retourna même pas.

 Tirez sur ce bateau, bon sang, s'emporta un des nobles de la tribune, l'air furieux que les soldats n'aient encore rien fait.

 Il est hors de portée, milord.

 Il a bien joué son coup, murmura Neji, qui tenait dans ses bras la jeune femme de son c½ur.

Sakura, elle fixait le navire qui s'éloignait, maintenant que leur capitaine était à bord.

Ses espoirs avaient été vains. Il était parti, sans qu'elle ne l'accompagne. Il ne l'aimait pas. Ce qu'il lui avait dit dans la cellule n'était que mensonges. Le désespoir l'envahit, tandis qu'elle regardait partir son dernier espoir de liberté. Alors tout n'avait été qu'illusions.

Il fallait qu'elle oublie cette partie de sa vie, et qu'elle reprenne celle qu'elle avait cru laisser derrière elle. Elle n'avait plus rien.

Elle s'effondra au sol, ses jambes ne la portant plus, tremblant de tous ses membres, avant qu'une larme ne coule sur sa joue, lentement. Puis une autre, et une autre, avant qu'elle ne fonde en sanglots déchirants, qui lui coupaient la respiration, et lui broyait le c½ur. Au loin, le bateau pirate s'éloignait. Sans elle.


Voila le tout nouveau chapitre!!! =)

Hope you like it!!! =)

Bzouuuuuuuuuuuuuuuus,

Sakuraharuno6724

# Posté le dimanche 05 juillet 2009 06:02

Fanfic : Amoureuse d'un pirate Epilogue

Fanfic : Amoureuse d'un pirate Epilogue
Epilogue : Deux mois plus tard...

Sakura Haruno se baladait, flânant dans les rues animées en ce jour de marché. Il faisait beau, et les étals débordaient de légumes, de tissus, d'épices et de bijoux. Elle fut tentée de s'arrêter devant l'un des présentoirs pour un collier qu'elle avait remarqué, mais préféra continuer sa route, profitant du beau temps, clément pour ce mois d'octobre. C'était un des avantages de vivre sur une île. Il faisait le plus souvent très beau et chaud en hiver. Elle aurait pourtant adoré connaître une fois un Noël enneigé. Jamais elle n'était tombé à Konoha.

 Oui, c'est elle, l'ancienne fiancée de Neji Hyuuga, celle qui a annulé le mariage après l'évasion de ce pirate, Sasuke Uchiwa!
 Il paraît qu'ils ont eu une liaison, vous rendez vous compte! Une lady telle qu'elle et un pirate! Quel manque de principe!

La jeune femme soupira. Elle avait à affronter ce genre de ragots depuis... l'exécution ratée. Les choses s'étaient passées tellement vite, après qu'elle se soit effondrée au sol. Elle s'était finalement évanouie, au bout de quelques minutes, et on l'avait transportée chez elle, pour qu'elle se repose. Elle s'était réveillée le lendemain, fraîche et dispose, mais avait passé la matinée dans sa chambre pour réfléchir à son avenir.
Elle avait alors décidé d'aller voir Neji. Elle sourit au souvenir de cette entrevue.

Elle marchait rapidement, sans se préoccuper des gardes qui l'imploraient de s'arrêter.

Elle trouva le bureau de son fiancé sans peine, et rentra sans s'annoncer. Il tenait dans ses bras une servante, qui recula aussitôt, le visage rouge, une servante qu'elle reconnut facilement.

Elle devait avouer qu'il avait raison, Tenten était jolie. Une beauté douce, avec sa coiffure enfantine et son teint bronzée, sans doute du à une exposition au soleil pendant ses heures de travail. Ses grands yeux bruns trahissaient tous ses sentiments, de la gêne, de la culpabilité, une pointe de désespoir, et surtout, de l'amour.

 Bonjour Sakura, la salua Neji, semblant content de sa visite, malgré qu'elle l'ait dérangée dans un moment intime.

 Bonjour Neji. Bonjour Tenten, ajouta-t-elle, en penchant légèrement la tête vers la jeune bonne.

 Bonjour Mlle Haruno, répondit-celle ci, en s'inclinant avec respect et crainte.

 Sakura suffira largement. Neji, je suis venue vous voir au sujet de notre mariage.

Son fiancé poussa un soupir, et elle décela un éclair de souffrance dans les yeux de sa suivante, qui baissa rapidement les yeux en se mordant la lèvre inférieure.

 J'y ai longuement réfléchi. Je ne vous épouserai pas.

Neji poussa un nouveau soupir, semblant presque épuisé.

 Nous avons déjà eu cette discussion, Sakura, et sauf votre respect, nous en avons conclu que ce mariage est inévitable.

 Pas maintenant que votre père n'a plus aucune emprise sur vous. Étant donné ce qu'il a fait à...

Elle avait tellement de mal à prononcer son prénom. La blessure était si grande, qu'elle évitait tant qu'elle pouvait de penser à lui. Dire son nom, c'était comme du sel sur sa plaie purulente.

 A Sasuke Uchiwa (aie), il a perdu la prestance qu'il possédait jadis. Il n'a plus aucun pouvoir de décision. C'est maintenant à vous de prendre les décisions pour votre avenir, sans aucun contrôle de sa part. Vous êtes le seul à décider du tournant que doit prendre votre vie.

Le jeune homme ne semblait pas y avoir songé auparavant, au vu de son air surpris et incrédule. Alors, elle rajouta quelque chose pour l'en convaincre définitivement.

 Tu es libre, Neji, dit-elle en utilisant pour la première fois une formule plus chaleureuse, comme s'ils étaient amis.

Celui-ci parut soudain réaliser ce qu'elle venait de lui annoncer puisqu'il éclata de rire et se leva pour prendre la jeune servante qui le regardait avec espoir dans ses bras, la faisant tournoyer en la soulevant dans les airs. Puis, il l'abaissa à sa hauteur et l'embrassa tendrement, ce qui fit doucement sourire Sakura. Elle était maintenant certaine d'avoir fait le bon choix.

Elle se tourna et s'approcha de la porte pour les laisser profiter de ce moment de bonheur.

 Sakura!

Neji s'avança vers elle, la fixant dans les yeux, avant de la prendre dans les bras, ce qui la surprit puisqu'il n'était pas quelqu'un de très démonstratif. Mais elle referma ses bras autour de la taille du jeune homme en fermant les yeux.

 Je suis désolé que ça ne se soit pas bien passé avec Sasuke Uchiwa (aie). Tu aurais mérité d'être heureuse avec lui. Tu es une femme formidable, Sakura Haruno, et nous serons toujours là pour toi. Parce que j'espère que nous pourrons être amis.

Cette déclaration faillit lui faire monter les larmes aux yeux, mais elle les réprima pour murmurer un simple « merci », avant de s'écarter et de sortir en leur souhaitant d'être heureux.

Elle avait perdu un fiancé, mais elle avait gagné deux amis.

Elle se rendit alors compte qu'elle s'était engagé dans la même rue que quelques mois plus tôt, quand elle avait été abordé par un soulard. La voie était aujourd'hui déserte, et elle continua de l'emprunter calmement, laissant pour une fois ses souvenirs remonter à la surface.

Elle avait essayé de l'oublier, c'était un fait, mais elle ne pouvait pas. Parce qu'il était gravé dans son c½ur, et c'était une marque indélébile. Il faisait partie d'elle, et jamais elle ne pourrait retrouver quelqu'un avec qui la fusion était aussi parfaite. Elle avait fait le deuil d'un autre amour que celui-ci, et elle s'en contentait. Elle préférait rester vieille fille que renoncer à ses principes.
Elle déboucha enfin sur la petite place où il s'était battu pour elle, et elle soupira. Dieu qu'elle aurait aimé revenir à cette époque, et pouvoir changer les choses. Pouvoir anticiper son geste, avant qu'il fasse en sorte qu'ils soient retrouvés par la Marine, et faire tout son possible pour le convaincre de renoncer à sa vengeance au profit de l'amour, leur amour.

Enfin...

Son c½ur rata un battement quand elle vit, au fond de la place, un homme habillé à l'identique et vêtu du même chapeau que dans son souvenir. Mais quand il releva la tête, elle se rendit bien vite compte que ce n'était pas lui, puisqu'il avait les cheveux bruns. Mais elle connaissait cet homme. Où l'avait-elle déjà vu.

Dans ses réflexions, elle ne s'aperçut pas que quelqu'un approchait lentement d'elle par derrière, de plus en plus près de son dos.

Mais bien sûr! Elle l'avait vu sur le bateau de...

 Bonjour milady...

Cette voix... c'était impossible. Il était parti il y a plusieurs mois. Il l'avait abandonné! Mais une voix si sensuelle ne pouvait appartenir qu'à...

Elle se retourna lentement, découvrant l'apparence de l'homme qui l'avait salué. Il avait lui aussi le visage dissimulé par un large chapeau noir, et penchait la tête, de sorte qu'elle ne pouvait même pas apercevoir ses yeux.

 Sasuke?

C'était un murmure. Le jeune homme sourit et releva la tête. Elle porta ses mains à sa bouche, les larmes aux yeux.

Il n'avait pas changé. Toujours aussi beau, ses cheveux noirs, ses yeux d'onyx, son regard perçant et brûlant. Elle n'avait qu'une envie, se blottir dans ses bras et l'embrasser jusqu'à perdre haleine. Mais c'était trop facile.

 Aïe!

Le jeune capitaine frotta sa joue douloureuse, tandis que Sakura gardait sa main en l'air, furieuse. Et enfin, elle explosa.

 Non mais tu crois quoi? Qu'il te suffit de revenir, comme ça, comme une fleur, et que tout te sera pardonné? Espèce d'imbécile heureux! Qui te dit que je t'ai attendu? Je pourrais très bien être marié avec Neji maintenant! Mais toi, tu crois que tu peux faire ce que bon te semble, partir aussi longtemps que tu veux, et que tu seras accueilli à bras ouverts. Et quoi, non?
 Non, tu n'es pas marié à Neji, répéta-t-il calmement, les mains levées en signe d'apaisement.
 Et pourquoi ça, cracha-t-elle, hors d'elle.
 D'une part, tu n'as pas de bague au doigt. D'autre part, tu m'aimes donc tu m'as attendu.

Elle resta bouche bée devant cette réponse. Il était tellement arrogant, et tellement... dans le vrai!
 Oui, je ne suis pas marié. Et ça ne veut rien dire! Je pourrais très bien être amoureuse de quelqu'un d'au...

Elle ne put continuer car il l'avait enlacé et avait pris ses lèvres d'assaut. Il caressait sa langue de la sienne, et elle se sentit défaillir. Les sensations qu'elle avait eues à chacun de ses baisers étaient encore là. Elle se laissa faire, et enroula ses bras autour de son cou pour se rapprocher davantage de lui, et faillit pousser un gémissement quand il mordilla sa lèvre inférieure. A bout de souffle, elle se recula légèrement, les lèvres à quelques millimètres à peine des siennes.

 Tu es un idiot, haleta-t-elle.
 Je sais, un idiot qui t'aime.

Elle colla derechef ses lèvres sur les siennes, et l'embrassa avec toute la fougue dont elle était capable, sautant dans ses bras, ses jambes autour de sa taille. Il la rattrapa en posant ses mains sur ses cuisses, et calmement, se mit à marcher vers les bateaux ammarés au port.

 Qu'est-ce que tu fais? Demanda-t-elle, interloquée.
 Je te ramène chez nous.

Chez nous. Ces simples mots suffirent à la convaincre que ce qu'elle vivait était bien réel, et qu'il n'allait pas disparaître.

 Tu ne me quitteras plus, alors? Demanda-t-elle, avec une voix si douce qu'il eut presque du mal à l'entendre.

Il la regarda dans les yeux et lui sourit tendrement, en replaçant une mèche folle derrière son oreille.

 Plus jamais.

Elle blottit son visage dans son cou, laissant couler quelques larmes de bonheur. Elle était pour la deuxième fois, parfaitement heureuse. La première avait été quand ils avaient fait l'amour, se liant l'un à l'autre dans la chaleur de leur deux corps. Il monta sur le pont, en la gardant toujours dans ses bras, sous les applaudissements des membres de l'équipage. Elle se sentit vaguement gênée et rougit, se blottissant un peu plus dans ses bras.

Un petit comité d'accueil les attendait, et Sasuke déposa délicatement sa bien-aimée au sol, la laissant se faire assaillir par ses amis, ce qui étaient devenus pendant sa captivité sa véritable famille. Hinata la serra fort dans ses bras, tout comme Temari et Ino, apparemment de passage sur le bateau, tandis que Naruto, Kiba et Shikamaru, et un homme ressemblant énormément à son amant souriaient à ce charmant spectacle.

 Saku, on est tellement contentes de te voir, tu nous as manqué! S'exclama Temari, avec autant de familiarité qu'à l'ordinaire, un immense sourire aux lèvres.
 Mais Ino, je croyais que tu ne voulais pas naviguer? Je pensais que tu souhaitais rester dans ta taverne?
 Oh, il pourront bien se passer de moi! Et puis, t'accueillir était dans les priorités, ma petite Sakura.
 C'est gentil, vraiment, c'est adorable et je... Oh zut!

Les larmes coulaient toutes seules sur ses joues, sans qu'elle ne puisse les contenir. Elle était tout simplement trop émue, et Sasuke passa ses bras autour de sa taille par derrière, posant sa tête sur son épaule.

 Calme toi, cara.
 C'est juste que...c'est trop beau! Après deux mois, tous vous revoir, c'est à me couper le souffle, c'est tellement... merveilleux!

Ils lui sourirent tous, attendris par ce débordement de sentiments de la jeune lady.

 Dommage que quand je rencontre enfin ma belle-s½ur, elle fonde en larmes devant moi. A croire que ma captivité m'a rendu associal, sourit l'homme dont les traits étaient semblables au capitaine.
 Vous devez être Itachi Uchiwa, n'est-ce pas ? Enchantée, c'est un réel plaisir, répondit-elle, essuyant ses larmes qui continuaient à dévaler ses joues.
 Nous aussi on est content de te voir, Saku-chan, mais c'est pas la peine de te mettre dans cet état! S'écria Naruto, toujours aussi gai.
 Idiot, c'est une femme, les femmes sont naturellement enclines aux larmes... répondit un certain flemmard en soupirant, bien qu'un sourire amusé aux lèvres.
 QUOI? REPETE UN PEU CA, ESPECE D'IDIOT! VIENS UN PEU LA QUE JE TE MONTRE A QUEL POINT J'SUIS ENCLINE AUX LARMES!
 Galère...

Ce tendre interlude les fit tous rire, et soudain Sasuke releva la tête, un éclat malin dans les yeux.

 Sur ce, nous allons vous laisser, nous avons beaucoup à faire...
 Hein? Mais de quoi tu... AH!!!

Le jeune pirate n'avait en effet pas attendu et avait passé son bras sous les jambes de la jeune femme, pour la porter, tel une mariée.

 Eh, réserve toi un peu pour la nuit de noces, Sasuke! Fais pas comme moi! S'exclama Naruto, en faisant rire tout le monde, tandis que sa femme, légèrement rougissante, lui donnait un coup de coude en lui demandant de se taire.
 Comment ça, une nuit de noces? Sasuke réponds moi!

Il ne fit guère attention à ce qu'elle lui demandait et ouvrit calmement la porte de la cabine pour y pénétrer, en demandant à l'équipage de faire route vers Kiri, la jeune demoiselle toujours dans ses bras. Il referma l'entrée d'un coup de pied, et s'avança au centre de la pièce. Elle s'apprêtait à lui ordonner de la déposer au sol quand un morceau de tissus blanc attira son regard. Elle releva les yeux et se figea soudain.

 Sasuke, qu'est-ce-que c'est que ça? Finit-elle par articuler, les yeux écarquillés.
 Ca se voit non? Répondit-il, malicieux.
 Non, je veux dire, qu'est-ce que ça signifie?

Il soupira, l'air fataliste, en la déposant au sol.

 Je comptais t'amener au lit d'abord, et ne t'en parler qu'après, mais bon...

Il posa un genou à terre, tandis qu'elle comprenait enfin à quoi servait la magnifique robe de mariage en soie posée sur la chaise. Elle était d'un blanc pur, avec un large décolleté, des fils d'or brodé sur le corsage et le jupon, qui s'évasait à partir de la taille pour former une légère traîne. Il prit sa main, et plongea son regard dans le sien, farfouillant dans sa poche pour y attraper quelque chose qu'il garda dans son poing.

 Sakura Haruno, malgré tout ce que je vous ai fait subir, malgré mon rang si éloigné du votre, malgré la séparation de ses deux derniers mois, et surtout, malgré ma tardive découverte de mon amour pour vous, acceptez-vous de devenir mienne pour le reste de votre vie?

Elle garda ses lèvres closes pendant une longue minute, tandis qu'il continuait de la fixer dans les yeux, attendant sa réponse. Puis, une larme coula sur la joue de la jeune femme, et elle ouvrit la bouche.

 Oui...

Il ouvrit son poing et elle découvrit une bague en argent, avec un diamant étincelant. Elle tendit ses longs doigts fins, et délicatement, il enfila l'anneau autour de son index. Puis il se releva, la dominant d'une tête, et tout doucement, il la serra contre lui, tandis qu'elle tentait de retenir ses larmes.

Puis soudain, elle releva la tête et l'embrassa avec autant de passion qu'à leur première nuit, nouant ses bras autour de son cou, fourrageant dans ses cheveux noirs, épousant son corps du sien. Il ne fut pas en reste et l'emmena vers le lit, pantelant, la faisant doucement tomber sur les draps de soie noire. Elle recula sa bouche une seconde et lui murmura trois mots d'amour, qu'il lui répéta, avant de reprendre fébrilement sa bouche, ses mains s'aventurant de plus en plus bas, tandis que leur deux corps qui s'appelaient l'un l'autre se retrouvaient enfin, dans une jouissance absolue.

Je t'aime...

FIN

# Posté le vendredi 07 août 2009 14:51

Modifié le dimanche 09 août 2009 06:26

One-shot : Le premier je t'aime

One-shot : Le premier je t'aime
Voilà un petit one-shot pour vous faire patienter avant la suite d'un amour qui fait mal!^^

Le premier je t'aime...


Un soleil de plomb dardait ses rayons sur le village paisible de Konoha. Les habitants tentaient désespérément de se rafraîchir par tous les moyens. Certains enlevaient leurs épaisses couches de vêtements les unes après les autres, d'autres fuyaient à l'ombre de leurs grandes maisons, profitant d'un faible et trop brève accalmie que leur offraient les épais murs en pierre brute, conservant un peu de fraîcheur.

Les derniers s'étaient tout simplement résignés à subir les assauts incessants et épuisants de l'oppressante chaleur qui submergeait Konoha, se réfugiant dans les bars pour tenter de calmer leurs gorges assoiffées en se désaltérant grâce à des boissons fraîches et sucrées. Tous attendaient patiemment, guettant une improbable arrivée de la pluie. Aucune goutte, pas la moindre petite trace de pluie n'était tombée depuis trois semaines déjà; partout, le sol aride perdait toute verdure, ne laissant que terre sèche et poussière.

L'Hokage du village, la très réputé Tsunade, commençait d'ailleurs à s'inquiéter et à craindre la durée de cette canicule. Si celle-ci continuait encore longtemps, les risques de pénuries, tant en nourriture qu'en eau potable ou non se feraient ressentir. Pour l'instant, l'eau de la cascade située un peu plus loin, dans la forêt qui entourait le village caché de la feuille suffisait au besoin de toute la population, mais pour combien de temps encore? Bientôt, il leur faudrait restreindre la consommation, car plus le temps passait, plus le débit du courant baissait.

Konoha n'étant pas habitué à ce genre de climat, n'y ayant jamais été confronté, rien n'avait été prévu pour remédier à cette situation, et aux conséquences qu'elle engendrait. Suna, le village caché du pays du Vent, pour qui cette canicule était depuis longtemps coutumière, avait eu la sagesse il y avait longtemps d'installer un énorme réservoir d'eau potable, situé dans un réseau creusé dans les profondeurs, juste en dessous du village, ce qui permettait de conserver une certaine fraîcheur. En cas d'épuisement de cette fantastique réserve d'eau, le village isolé de toutes autres civilisations, au beau milieu du désert, disposait d'un lac souterrain naturel. Ainsi, la consommation d'eau était assurée pour plus de six mois. Malheureusement pour Konoha, son allié était le seul à s'être muni de ce genre de système.

Bref, personne ne traînait encore dehors, personne d'assez fou pour oser braver cette chaleur insupportable.

Personne? Pas si sûr...


Sur un terrain d'entraînement, deux jeunes adultes attendaient, sous la tutelle d'un homme aux cheveux bruns, un masque étrange traçant les côtés de son visage, à l'air bienveillant.

Le premier était blond, les cheveux ébouriffés comme de véritables épis de blé. Ses yeux, d'un azur profond, éclairait son visage, ses lèvres formant un immense sourire. D'idiot il n'en avait désormais plus que l'air, si tant est qu'il l'eut été un jour. Tout le monde savait maintenant, et à juste titre, qu'il était l'un des ninjas les plus doués que le monde ait jamais connu, sans pour autant venir d'un clan particulier et disposer d'un quelconque talent héréditaire. Toutes les générations s'accordaient à dire qu'il avait depuis longtemps égalé, et même dépassé son maître, pourtant un des membres du trio légendaire, ou du moins, du premier trio légendaire. Il s'était assagi, laissant de côté ce rôle d'imbécile que tout le monde lui prêtait jadis, et qu'il n'avait en réalité jamais été. Devenu beaucoup plus sérieux et mature, il lui arrivait néanmoins bien trop souvent encore aux yeux de ses amis et coéquipiers de redevenir un vrai gamin, turbulent et joueur. Cependant, personne n'osait remettre en cause son intégrité, prouvée à bien des reprises, et ses qualités extraordinaires de shinobi.

L'autre jeune homme, appuyé contre le tronc d'un arbre, semblait déjà nettement plus posé. Le visage figé en un masque d'impassibilité et d'indifférence, il laissait toutefois échapper de temps à autres des soupirs en voyant les acrobaties qu'exécutait son inépuisable meilleur ami. Le teint pâle, les cheveux dressés en piques, deux mèches lisses et noires encadraient son visage opalin et parfait dans le moindre détail. Le plus remarquable n'était cependant pas la beauté de ses traits, ni la sublimité de son corps, ni même la prestance qu'il dégageait. Le plus impressionnant était ses yeux. D'un noir onyx profond dans lequel bon nombres de femmes se perdaient volontiers, ils tranchaient avec la blancheur de son visage, offrant un contraste saisissant, l'entourant d'un aura énigmatique et mystérieuse, mais le rendant également terriblement attirant et séduisant. Une popularité dont le jeune homme se serait volontiers passée. Taciturne et solitaire, il n'aimait guère la compagnie, et peu de personnes dérogeaient à cette règle. Les seuls êtres avec qui il passait du temps, et même s'il ne le montrait pas, appréciait cela étaient ses amis et coéquipiers, plus particulièrement le récepteur du démon renard et la jeune médecin-nin qui était devenue l'apprentie de l'Hokage en personne.
Personne n'aurait cru que ce seraient eux qui lui conviendraient. Si différents. A l'opposé les uns des autres, et pourtant si unis, comme ils l'avaient prouvé de nombreuses fois.

Soudain, un nuage de fumée apparut sur le terrain. Le jeune homme blond poussa alors un cri d'enthousiasme, tandis que son compagnon aux cheveux sombres soupirait pour la énième fois. La fumée se dissipa peu à peu, laissant apparaître d'abord trois silhouettes distinctes. Au fur et à mesure que le nuage s'effilochait, on pouvait reconnaître deux hommes à leur grande taille et à leur imposante carrure, et, plus petite et délicate, une femme. Quand elle fut tout à fait disparue, l'homme brun qui surveillait les deux jeune amis s'avança vers le plus vieux des nouveaux venus. Celui-ci, les cheveux d'un gris argenté, avait la moitié du visage recouverte par un masque, et un de ses yeux dissimulé par son bandeau frontal qui l'identifiait comme un shinobi du village de la feuille. Il semblait légèrement amoché, comme le montraient des bleus ça et là sur ses bras qu'il avait découverts, ce qui interpella l'homme venu discuter.

- Eh bien, Kakashi, aurais-tu perdu la main au point de te faire blesser par tes propres élèves?

Kakashi répondit, d'une voix égale et lasse, du ton de celui qui est habitué.

- Rien de grave, comme d'ordinaire. Tu connais les femmes...

La seule représentante de l'espèce féminine eut alors un grand sourire, tandis que son camarade tentait en vain d'arrêter l'écoulement de sang qui s'échappait d'une coupure à l'arcade sourcilière, pas très grande, mais visiblement assez profonde.

- Peut-être devrais-tu soigner Sai, maintenant, Sakura, puisque nous les avons rejoints, déclara le sensei de l'équipe 7.

- Oui, je le fais tout de suite!

Aussitôt dit, aussitôt fait. La jeune femme plaça délicatement ses mains gracieuses sur l'arcade de son coéquipier. Un halo de lueur verte apparut, et en quelques secondes, la blessure avait totalement disparue, effaçant avec elle la douleur occasionnée.

- Merci, Sakura-chan, dit le jeune dessinateur, un sourire reconnaissant étirant ses lèvres. Je dois partir,
Yamato et moi avons une mission à effectuer.

- En effet. Nous nous verrons certainement dans une semaine, le temps que nous rentrions. Bonne continuation!

Ces deux là disparurent après avoir salué leurs amis. Le ninja copieur se retourna alors vers ses anciens élèves, désormais tous des ninjas accomplis. Ils étaient loin, les petits genins tout juste sortis de l'académie, qui manquaient cruellement d'expérience, leur diplôme à peine signé en poche. Ils ne se connaissaient pas encore vraiment, n'étaient pas ce qu'on pouvait appeler des amis. Mais peu à peu, ils avaient réussi à tisser de véritables liens, le genre d'attachement qu'il était impossible de briser, ce qui avait été démontré de manière indubitable.

Quand Sasuke avait enfin réussi à tuer son frère, et après que Madara lui ait raconté la véritable raison du massacre des Uchiwa, son c½ur s'était un peu plus enfoncé dans les ténèbres. Ayant décidé de détruire Konoha, il s'était mis en route vers son village natal. Aussitôt avertis de ses plans, les anciens genins de sa génération étaient tous venus, dans l'espoir de réussir à le convaincre de s'arrêter. Tous les ninjas ainsi mobilisés avaient alors pris en charge chacun des membres de la nouvelle team du descendant des Uchiwa, laissant ainsi le soin à Naruto et Sakura de s'occuper de leur ami perdu.

Un combat ardu et long s'en était suivi, Sasuke ne voulant en aucun cas écouter ses amis. Ils avaient finalement réussi, au bout de plusieurs heures, à le mettre hors d'état de combattre, en l'épuisant, bien qu'ayant consumé leurs dernières forces dans cette lutte. Naruto avait alors demandé à Sasuke de réfléchir un peu. Itachi était certes mort en partie à cause des dirigeants du village, mais il avait choisi de soutenir Konoha, et de sauver son village au mépris de tout ce qu'il aimait, faisant ainsi le sacrifice d'une vie remplie d'amour qu'il aurait pu avoir, en restant à côté de sa famille. Sasuke allait-il cracher sur son abnégation? Allait-il détruire ce que son frère avait tenté désespérément de protéger et préserver?

Le blond, faisant abstraction de tous les risques qu'il encourait, s'était alors approché de son meilleur ami de toujours. Il lui avait souri et tendu la main, lui murmurant juste qu'il était temps qu'ils rentrent ensemble, et qu'il ne laisserait pas tomber avant qu'il ne les rejoigne.

Le brun était resté quelques minutes silencieux, quelques minutes qui avaient semblées des éternités pour la jeune medecin-nin. Mais après cette attente longue, pendant laquelle l'incertitude et le doute s'étaient reflétés dans les yeux du jeune Uchiwa, celui-ci avait finalement, avec hésitation, et sa main tremblant un peu, saisi celle de son frère de c½ur, qui bien que n'ayant pas de liens de sang avec lui, avait bien pris une place aussi importante dans ce qu'il restait de son c½ur meurtri. Ils avaient alors échangé une puissante étreinte, si forte, si pleine de sentiments, d'une amitié pure et sincère, qui subissait et traversait tous les obstacles.

Ils étaient alors rentré au village, le jeune possesseur du sharingan ayant congédié ses anciens coéquipiers, et se préparant à subir les foudres de tout son village natal. Mais, ses amis à ses côtés pour le soutenir, il s'en sentait la force. Ainsi, il s'était présenté devant Tsunade et les membres du conseil, les chefs de clan, escorté de son ancien sensei Kakashi et de ses deux compagnons. Il avait du essuyer de nombreuses injures et insultes, encaissant les coups un à un, ceux-ci creusant des blessures qu'il avait bien mérité selon lui, lui qui avait déserté, qui avait trahi son village, trahi la confiance que ses amis lui accordaient.

Quand ils eurent fini de le blâmer et de lui exposer toutes ses fautes, Tsunade lui demanda pourquoi il souhaitait revenir, et ce qui pouvait lui prouver qu'il était sincère. Il avait alors baissé la tête, lui, le descendant de la prestigieuse famille des Uchiwa, pourtant si fier et orgueilleux.

Ce furent alors ses amis qui prirent la parole pour lui, exposant le risque qu'il avait pris de revenir alors qu'il était certain de se faire traiter comme un moins que rien. Le concerné releva alors la tête et jura qu'il protégerait le village au péril de sa vie. Quitte à effectuer les missions les plus dangereuses et quasi suicidaires, jusqu'à ce qu'il retrouve la confiance de son village.

Sakura, qui n'avait soufflé mot depuis qu'elle l'avait défendu, s'avança alors vers les membres du conseil, saisissant un kunaï avec lequel elle s'entailla la main. Elle serra le poing, laissant ainsi couler son sang sur le sol, et déclarer qu'elle engageait sa vie et sa réputation sur la promesse du jeune homme. En cas de trahison, elle en subirait les conséquences.

Tous savaient que c'était un acte extrêmement risqué, et que cela appelait à son exil s'il reniait son serment.
Cela mettrait fin à la carrière de la kunoichi, et l'éloignerait de ses amis et de sa famille pour toujours, puisqu'elle serait bannie de toutes formes de contact avec le village de Konoha.

La demande de Sasuke fut acceptée. Il réintégra le village, sous condition. Il se devait d'être surveillé pendant deux ans, et était obligé de rester un genin durant une période de six mois. Modalités qu'il accepta, trop heureux d'être accepté dans son village natal, qui, malgré tout, lui avait manqué. Heureux également de retrouver ses amis les plus chers. Si la quasi-totalité du village le traitait comme un traître et un paria, la présence et la chaleur que lui apportait ses amis et coéquipiers compensait cette hostilité constante contre sa personne.

Au bout de six mois, il avait pu passer l'examen des chuunins, puis celui des junnins quelques mois plus tard, avec la permission du conseil, qui n'avait rien à redire à son comportement, qui avait été exemplaire. Le brun avait alors pu de nouveau exercer, devenu d'un rang égal à amis, des missions avec son ancienne équipe.

Cependant, des problèmes restaient à résoudre, planant sous la surface calme et paisible...


- Bien, l'entraînement est fini, déclara le ninja copieur.

- Vous pourriez nous payer une boisson fraîche, pour vous faire pardonner de nous avoir fait autant suer! s'écria le blondinet.

- Ca aurait été avec plaisir, mais je dois remplir des dossiers! A la prochaine!

Il fila alors avant qu'ils ne puissent protester. La seule jeune femme de l'équipe soupira, avant de se retourner vers ses coéquipiers, seuls à être encore présents sur le terrain.

- Vous avez quelque chose de prévu, ou on peut faire quelque chose tous les trois ensemble? leur demanda-t-elle, un sourire épanoui aux lèvres.

- Moi j'ai rendez-vous avec Hinata à six heures, mais jusque là je suis tout ce qu'il y a de plus libre! s'écria le jeune blond, toujours enthousiaste à l'idée de passer du temps avec ses deux coéquipiers et meilleurs amis.

- Et toi, Sasuke-kun?

-Hn...

Telle fut la réponse du descendant du clan maudit. Distante, formelle. Néanmoins, quand celui qui prétendait au titre d'Hokage se tourna vers la jeune femme aux cheveux roses, celle-ci put apercevoir l'ombre d'un sourire en coin se dessiner sur les lèvres de son premier amour. Perturbée par ce simple sourire, elle se reconcentra sur son baka de meilleur ami, qui s'excitait en sautant partout.

- C'est une bonne idée, non? s'exclama-t-il, bondissant.

- Excuse-moi, mais je n'ai absolument pas écouté ce que tu disais. Peux-tu répéter s'il te plait?

- Je me disais qu'on pourrait aller se baigner! Ce serait chouette, et ça permettrait d'évacuer toute cette crasse!

- Oh...Bonne idée! Sauf que je n'ai absolument pas mon maillot de bain! Et je pense que toi non plus, à moins que tu aies déjà tout prévu d'avance.

Le disciple de Jiraya se frotta l'arrière de la tête, dans un mouvement de gêne.

- Tu as raison.

- Il ne nous reste plus qu'à aller chercher nos maillots de bain et se rejoindre à la cascade, intervint le brun, parlant pour la première fois.

- Voilà! On n'a qu'à faire ça! A tout de suite alors!

Aussitôt, le fils du 4ème Hokage fila, laissant ses deux amis ensemble. Il fréquentait en effet la timide Hyuuga depuis un an, depuis qu'il était rentré gravement blessé de mission et qu'elle avait du s'occuper du jeune blond au tempérament si exubérant. Il avait alors fait preuve d'une intuition qui lui faisait si souvent défaut quand il s'agissait de tout ce qui le concernait, et avait enfin deviné les sentiments que lui portait la jeune brunette.
Celle-ci avait finalement réussi à vaincre son incommensurable timidité, et avait montré au récepteur de Kyuubi qu'il ne s'était pas trompé. Elle avait alors eu l'agréable surprise d'obtenir une réponse à ses sentiments. Ils sortaient donc ensemble depuis ce temps là, sous les yeux attendris d'une Sakura heureuse de les voir si heureux, si amoureux. Si seulement cela pouvait lui arriver aussi...

Alors qu'elle s'apprêtait à partir, une main se posa sur son bras, l'empêchant ainsi toute retraite. Elle se retourna, surprise, pour plonger ses yeux dans ceux du jeune Uchiwa. Celui-ci la contemplait, une lueur étrange qu'elle ne put identifier dans son regard.

- Sakura...

La façon dont il avait prononcé son nom chamboula tout son être, réveillant en elle des sentiments qu'elle avait tenté de refouler. Elle tenta de reprendre la maîtrise de ses émotions.

- Il y a quelque chose dont tu voudrais me parler, Sasuke-kun? demanda-t-elle poliment, en restant prudente.

- Je dois te parler, et je crois que tu sais de quoi.

Son c½ur se serra. Avait-il deviné? Avait-t-il percé ses défenses, mis à jour son secret?

- Je suis désolée, mais je ne vois pas du tout où tu veux en venir, répondit-elle en souriant.

- De ce qui s'est passé la nuit de mon départ...De ce que tu as dit...

Son c½ur rata un battement. Tout mais pas ça. Cela faisait presque deux ans qu'il était revenu, mais elle n'était toujours pas prête à reparler de ça. Tout ce qui concernait cette époque, ce moment précis de sa vie, et tout ce qui y était mêlé était rangé dans un tiroir soigneusement enfoui dans sa mémoire, mais dont le cadenas était malheureusement trop fragile, et risquait de se briser au moindre sous-entendu, au moindre rappel, à la moindre allusion, entraînant une cascade de choses qu'elle ne pensait pas être en mesure de supporter pour l'instant.

- Ne t'inquiète pas Sasuke-kun! J'ai été amoureuse de toi, certes, mais c'est du passé! Dorénavant, je te considère comme un ami! Un très bon ami, certes, mon meilleur ami, avec Naruto, mais rien de plus! Je ne risque plus de t'embarrasser avec des déclarations aussi pathétiques! Tu comptes beaucoup à mes yeux Sasuke, mais je peux t'assurer que je ne suis plus amoureuse de toi! Je peux te le jurer! Ne t'en inquiète pas! Ce que je ressens pour toi ne dépasse pas le stade de l'amitié, voir peut-être de la fraternité!

Elle s'arrêta enfin, consciente que si elle continuait, elle fondrait en larmes et perdrait donc toute crédibilité, ce qu'elle ne voulait en aucun cas.

Elle osa finalement plonger son regard dans celui du jeune homme en lui offrant un joli sourire, voulant ainsi effacer tout doute possible. Mais malheureusement, encore une fois, une lueur étrange et indéfinissable passa dans les yeux du jeune homme. Un éclair qui lui fit bizarrement presque peur...

Le jeune homme brun pencha soudain sa tête, se rapprochant de la jeune femme lentement. Paralysée, son cerveau refusait de fonctionner, empêchant toutes réflexions. Elle restait donc immobile, pendant que le visage du jeune homme avançait de plus en plus vers le sien, réduisant la distance entre ceux-ci. Un écart si dérisoire qu'il en devenait dangereux, pour elle et son c½ur meurtri. Il était désormais si près qu'elle sentait son souffle, son haleine délectable et bien trop agréable à son odorat. Elle se sentit frissonner, laissant bien malgré elle céder une à une toutes les murailles qu'elle avait construite tant bien que mal autour de tout ce qui concernait
l'Uchiwa et les sentiments qu'elle avait pu avoir pour lui...et qu'elle éprouvait encore.

Dire qu'elle ne l'aimait plus était le pire des blasphèmes. Au contraire, son amour n'avait fait que s'intensifier, grandissant durant chaque minute de son absence, encore plus depuis son retour. Une douleur délicieuse qui lui ravageait les sens, brouillait sa réflexion, et la plongeait dans une exquise inconscience. Elle s'était caché la vérité pourtant évidente parce qu'elle avait peur d'assumer ses sentiments, au vu du mal que ça lui avait infligé la dernière fois. Elle voulait oublier, emprisonner ses sentiments dans une petite boîte qu'elle fermerait à double tour, avant d'en jeter la clé pour que personne ne puisse jamais plus la trouver.

Malheureusement, Sasuke ne semblait pas de cet avis. Le jeune homme était en effet désormais si près des lèvres de la jeune femme que leurs bouches se touchaient presque. Elles s'effleurèrent, puis il s'écarta une poignée de secondes, avant de l'embrasser pour de bon.

Elle n'aurait jamais pensé que ça puisse être aussi merveilleux. Les lèvres du jeune homme étaient douces, si douces contre les siennes. C'était comme si toute sa vie elle n'avait attendu que ça. Une telle chaleur se dégageait de ce simple contact qu'elle aurait pu rester éternellement comme ça. Mais le jeune homme, apparemment pas tout à fait satisfait de cet échange, fit glisser légèrement et subtilement sa langue entre les lèvres de la jeune femme. Aussitôt, un frisson la parcourut, faisant trembler tout son corps. Il la rapprocha encore plus de lui, enlaçant sa taille avec force, laissant une main sur le bas de son dos, tandis que l'autre caressait doucement sa nuque. Sa langue s'enroulait autour de la sienne, se caressant, avec une sensualité exquise. Jamais contact n'avait été aussi délicieux. Dans une vague de passion déferlante, le shinobi fit passer sa main dans ses cheveux, approchant encore un peu plus le visage de la jeune femme, et en profitant pour les caresser, eux qui étaient si doux et soyeux. Elle n'avait jamais ressenti ce genre de choses. Pour la première fois, elle avait l'impression de ne vivre que pour une personne, et de lui être essentiel. Elle se sentait vivante, comme si elle était de puis toujours figée dans une bulle, regardant de loin ce qui était censé être sa vie, et elle venait enfin d'en sortir, en devenant une réelle actrice. Sa main trouva doucement le visage du jeune homme, se nichant finalement au creux de son cou, pour tenter de réunir encore un peu leurs deux corps, pressant davantage ses lèvres contre les siennes.

Au bout d'un très long moment, qui lui avait pourtant paru bien trop court, il s'écarta, les laissant tous deux essoufflés et haletant. Ils se regardèrent dans les yeux quelques secondes, avant que la jeune femme ne se rende compte de ce qu'elle venait de faire, et plaque ses mains sur sa bouche, dans un geste stupéfait et désespéré. Elle s'enfuit en courant, affligée par sa bêtise. Bon sang, elle venait de lui dire qu'elle ne l'aimait plus! Et au lieu de le lui prouver en le repoussant, elle répondait à son baiser, essayait de le rendre plus fort, plus profond!

Elle s'enferma dans sa chambre et se laissa glisser contre sa porte. Rien à faire, son amour pour l'Uchiwa semblait gravé en elle avec une telle profondeur qu'elle ne pouvait rien y changer. Certaines choses sont immuables, et ses sentiments pour le jeune homme aux sharingans semblaient l'être, bien malgré elle. Sa foi en lui, l'espoir de le retrouver avaient toujours été inaltérables, malgré les contrecoups que sa conviction avait subis. Elle croyait en lui, plus qu'elle ne croyait en elle-même, et plus qu'elle ne croyait en quiconque. Elle avait une confiance absolue, qu'importe si cela la menait à l'exil ou à sa tombe. D'une simple amourette basée sur son apparence physique et sa force, ses sentiments s'étaient mués en une passion dévorante, qui consumait son être, incendiant ses sens, détruisant toute part de raison en elle.

Elle resta longtemps là, recroquevillée par terre, s'interrogeant sur la marche à suivre. Faire comme si de rien n'était, oublier ce qu'il s'était passé, ou bien réclamer à corps et cris des explications? Mais si les explications la blessaient, elle préférait encore ne rien savoir. Elle avait déjà assez souffert auparavant pour le même homme, réduisant son âme à un simple cri de douleur. Alors, elle refusait d'avoir de nouveau mal, quitte à devoir effacer ce souvenir et à altérer sa personne.

Elle finit par se lever, attrapant son maillot de bain, bien résolue à ignorer cet épisode de sa vie, et à traiter l'Uchiwa avec toute la politesse qu'elle possédait, mais sans jamais plus se rapprocher de lui. Quand ses sentiments ne seraient plus qu'un souvenir, là, elle pourrait se rapprocher de lui en tant qu'amie.

En un rien de temps, elle traversa le village de Konoha et sa forêt environnante, et elle eût tôt fait de rejoindre la cascade où ses deux...coéquipiers l'attendaient. Elle adressa un sourire poli et discret à ceux-ci, bien décidée à suivre sa décision.

Elle enleva la robe qu'elle avait passée au-dessus de son deux-pièces marron, lui permettant ainsi de rejoindre Naruto et Sasuke dans près de l'eau. Elle restait sur le bord, pas vraiment décidée à y rentrer une fois pour toute, quand soudain deux bras la soulevèrent du sol, lui coupant ainsi toute retraite.

- Naruto! Lâche-moi bon sang! Repose-moi par terre!

- Tu en es sûre, Sakura-chan? répondit le blond, un immense sourire triomphant aux lèvres.

Elle baissa les yeux, pour se rendre compte qu'il l'avait emmené en pleine milieu de la source d'eau.

- Non! Ne me lâche pas! Ne me lâche paaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa!!!!!

Malheureusement pour elle, son meilleur ami avait beaucoup de mal à faire ce qu'on lui demandait...autant dire que la pauvre Sakura se retrouvait maintenant trempée des pieds à la tête, crachant l'eau qu'elle avait avalé par mégarde. Elle fusilla du regard celui qui voulait devenir Hokage, avant d'esquisser un sourire sadique, et de sauter sur son dos pour le couler à son tour. Une bataille d'eau s'en suivit alors, accompagnée de nombreux fous rires. L'Uchiwa les regardait, moitié désespéré, moitié amusé.

Il finirent par sortir de l'eau, s'essuyant dans les serviettes qu'ils avaient emmenées... Sauf que...

- Zut!

La jeune femme semblait désespérée, tenant sa serviette dans les mains.

- Que se passe-t-il, Sakura-chan? demanda le blond, à moitié sec.

- Ma serviette est trempée! Elle a du être mouillée pendant notre bataille d'eau!

Soudain, une serviette se présenta sous ses yeux. Elle releva la tête, et vit alors Sasuke qui lui tendait sa serviette. Elle le remercia rapidement, désireuse de quitter son regard au plus vite. Néanmoins, en s'essuyant avec la serviette du jeune homme, elle ne put s'empêcher qu'il sentait vraiment très bon. Un parfum si agréable, si reconnaissable pour elle... Dangereusement attirante...

Elle lui rendit brusquement sa serviette, les cheveux encore trempés. Il ne fit aucun commentaire, ce dont elle le remercia muettement.

- Bon, il va bientôt être l'heure, moi je dois aller rejoindre Hina-chan! s'exclama Naruto, un immense sourire aux
lèvres comme toujours.

- Oh...

La jeune femme tenta de ne pas céder à la panique. Il suffirait qu'elle dise au revoir à Sasuke une fois le blondinet parti, et qu'elle s'en aille rapidement Elle inspira profondément, après avoir salué le blond, et se retourna pour en faire de même avec son deuxième coéquipier. Mais celui-ci avait décidé d'un au revoir à sa façon. A peine avait-elle tourné la tête que ses lèvres étaient prises d'assaut une nouvelle fois. Elle devait le repousser, elle le devait...

Et pourtant, ce fut tout le contraire. Elle passa ses mains autour de son cou, se jetant presque sur lui, ce qui ne sembla absolument pas dérouter le jeune homme, qui au contraire, la plaqua doucement contre un arbre. Elle poussa un léger gémissement quand il l'embrassa dans le cou. Ses mains se placèrent d'elle-même dans la chevelure noire ébène du garçon, y traçant des dessins connus d'elle seule. Quant à celles du jeune homme, elles caressaient doucement le corps encore à quelques endroits trempé de la jeune medecin-nin, déclenchant des tremblements de la part de celle-ci. Son corps était en feu, ses sens irradiaient, tout en elle appelait le corps du jeune homme. Son âme entière était un cri à son nom. Elle le désirait, aussi ardemment qu'avant, sinon plus. Quand il revint à sa bouche, elle s'empara de sa langue, désireuse de nouer un contact encore plus étroit avec le jeune possesseur du sharingan, d'être encore plus proche de son corps chaud.

Elle aurait pu rester sa vie entière, ses lèvres contre les siennes, sa langue caressant celle du jeune brun. Il semblait ne rien avoir autour d'eux, rien n'existait plus, elle ne sentait rien à part le jeune homme contre elle.

Mais le monde ne s'était pas arrêté de tourner, et il lui fallait bien retourner à la réalité. Le jeune homme sépara leurs lèvres et recula doucement, lui cachant ainsi son visage. Elle était haletante, comme si on lui avait retiré son air. Puis il disparut, la laissant seule, tremblante de désir.

Elle se laissa une nouvelle fois tomber par terre, des larmes envahissant ses joues. Comment pouvait-elle résister à ça? C'était inhumain de lui demander ça. Elle ne pouvait pas lutter contre quelque chose qu'on lui donnait, et qu'elle désirait de tout son être. Elle passa lentement ses doigts sur ses lèvres, et soupira.

Qu'est-ce que ça voulait dire?

Et surtout, qu'est-ce qui allait se passer maintenant? Cela ne voulait-il rien dire? Ou n'était-ce que le début?


oOoOoOo


4 mois plus tard...

Sakura ôta sa blouse, et la rangea dans le casier attitré à son nom. Elle poussa un soupir de soulagement en prenant ses affaires et en sortant de l'hôpital. Elle adorait y travailler, soigner des gens, mais cela restait très épuisant. Si elle y ajoutait en plus son travail en tant que ninja...

Justement, elle devait aller rapporter le rapport de la dernière mission qu'elle avait effectuée en solo, puisqu'elle était désormais devenue Anbu. Elle savait également que Naruto l'était, même si leur identité était censée rester secrète. De même que Sasuke...

Elle poussa un nouveau soupir à ce nom. Dieu que les choses ne s'étaient pas arrangés. Au contraire...

Elle se força à penser à autre chose, et pénétra dans le bâtiment de l'Hokage. Elle s'arrêta devant le bureau de celle-ci, et frappa quelques coups brefs. Un ordre lui demandant d'entrer, elle pénétra dans le bureau, toujours aussi désordonné. Son maître releva la tête, souriant en voyant son élève.

- Tsunade-sama, je vous apporte le rapport de ma mission.

- Très bien, merci beaucoup Sakura. Mais, j'ai une dernière question à te poser, pas en tant qu'Hokage, mais en tant qu'amie. Est-ce-que tu vas bien? demanda Tsunade, l'air soucieuse.

- Mais oui, je vais parfaitement bien, je suis en pleine forme! répondit la kunoïchi, un large sourire aux lèvres.

- Ce n'est pas ce que je voulais dire...Est-ce que tout va bien pour toi? S'il se passait quelque chose, tu sais que je suis là?

Le visage de la jeune femme aux cheveux roses se crispa aussitôt, dans une réaction incontrôlée. Elle semblait déchirée, incapable de savoir quoi faire. Pendant une seconde, elle parut s'abandonner et Tsunade crut qu'elle allait se confier. Mais cela ne dura qu'un seconde, et la jeune femme se reprit, adressant un sourire poli mais distant à celle qui l'avait prise en charge.

- Ne vous inquiétez pas, Hokage-sama, tout va bien. Veuillez m'excuser, mais j'ai à faire, dit-elle, soulignant par ce suffixe sa volonté de rester discrète et de ne rien dévoiler.

Elle sortit du bureau, et son c½ur se serra soudain, en devinant ce qui allait arriver. Serait-il là? Peut-être serait-il en mission, et donc absent...

Elle salua Genma qui passait dans le couloir, pour se retrouver finalement seule à traverser le long corridor, sentant les battements de son c½ur accélérer.

Elle arrivait au bout du couloir quand deux mains saisirent sa taille pour la ramener en arrière, l'entraînant dans une pièce vide. Elle ne cria pas, sachant très bien qui était cette personne. Celui qui l'avait amené là la retourna, la regardant dans les yeux. Elle n'eut que le temps de prononcer son nom dans un murmure.

- Sasuke...

Il prit aussitôt ses lèvres, coupant le souffle à la jeune femme. Habituée, elle se laissa faire, répondant même à son baiser, y mêlant toute la passion qu'elle possédait. Il l'embrassa de longues minutes, détachant ses cheveux, libérant ainsi la cascade de cheveux roses, désormais longs, puisqu'elle les avait laissé poussé, en profitant pour tantôt les caresser eux, tantôt sa peau tellement douce au toucher. Elle avait pour sa part noué ses mains autour du cou du jeune homme, se rapprochant dans une ultime tentative de rapprochement, sachant très bien que ça se finirait bien trop vite à son goût. Comme elle savait qu'il partirait sans rien dire, comme elle savait qu'elle mettrait plusieurs minutes avant de pouvoir respirer de nouveau normalement, comme elle savait qu'elle attendrait encore avec plus d'impatience le prochain baiser qu'il voudrait bien lui offrir.

Et ce fut ce qui se passa. Il recula, la fixant une dernière fois tout en dissimulant les traits de son visage à la jeune femme, et disparut. Elle n'avait rien tenté pour le retenir, parce qu'elle savait que ça devait se passer comme ça, parce que ça se passait toujours comme ça.

Ca durait depuis quatre mois, depuis qu'il l'avait embrassé pour la première fois, sur leur terrain d'entraînement. A chaque fois qu'elle se retrouvait seule, il l'embarquait dans un lieu discret, où personne ne songerait à venir, et l'embrassait. Il partait ensuite, sans dire un mot, la laissant seule, haletante, sur sa faim.

Quand ils se retrouvaient avec des autres personnes, jamais il n'avait ce genre d'attitude avec elle. Il la traitait comme une simple coéquipière, une bonne amie, enfin, tout du moins, comme un Uchiwa montrait à quelqu'un qu'il était son ami. Autant dire, de loin, et avec une démonstration de ses sentiments minime.

Elle aurait du le repousser, exiger des explications. Elle aurait du...mais elle ne l'avait jamais fait, parce qu'elle avait enfin réussi à avoir un contact particulier avec Sasuke, et qu'elle ne voulait en aucun cas risquer de le perdre. Elle avait besoin de ses lèvres, à chaque fois elle devenait un peu plus dépendante de la chaleur de ses baisers, de la douceur de ses mains sur sa peau. Elle le désirait ardemment, essayant de graver chaque émotion, chaque frisson qu'elle ressentait quand il l'embrassait. Quand ses lèvres capturaient les siennes, elle avait enfin l'impression d'être entière. Rien ne pouvait égaler l'intensité de ses caresses, et quand il l'abandonnait, il lui fallait plusieurs minutes pour reprendre son souffle. Il la laissait dans un tel état d'hébétude qu'elle avait besoin de temps pour s'en remettre.

Et quand elle retournait enfin à la réalité, tout lui semblait fade, tout lui devenait insipide. Les couleurs étaient ternes, les odeurs presque inodore, parce qu'aucune ne pouvait rivaliser avec son parfum à lui. Son odeur musqué, et tellement viril, qui n'appartenait qu'à lui seul, et qui avait le don de lui faire perdre la tête. Elle savait désormais que rien ne pourrait l'éloigner de lui, quoiqu'il lui fasse. La blesserait-il qu'elle ne lui en voudrait pas, de toute manière elle lui pardonnerait toutes ses fautes, oubliant toutes errances, effaçant tous ses crimes.

Elle était décidément bien trop amoureuse de lui, de cet homme qui l'abandonnait après chaque étreinte, et qui ne l'aimait pas, elle en était certaine.

Mais qui peut donc prétendre tout comprendre aux troublants tourments qui agitent l'âme agitée qu'est l'âme humaine, et le dur jeu de l'amour auquel se livre l'être humain?

Elle finit par sortir de la petite salle silencieuse, son c½ur ayant repris un rythme à peu près normal, et se dirigea doucement vers son petit appartement qu'elle occupait depuis bientôt deux ans maintenant. Son père décédé à la suite d'un accident, elle avait en effet fini par quitter le cocon familial dans lequel elle ne pouvait s'empêcher de repenser au défunt. Elle ferma la porte derrière elle, accrochant son manteau à la place prévue pour, avant de se diriger vers se cuisine, dans le but de rafraîchir sa gorge.

Il faisait toujours aussi chaud, la pluie n'étant tombée que deux fois durant les quatre mois qui s'étaient écoulés. Les habitants de Konoha devaient maintenant faire face aux restrictions d'eau, et il n'était donc plus permis d'arroser leur jardin, de prendre des bains. Les bains publics avaient d'ailleurs été fermés, à cause de leur trop importante consommation d'eau, et les habitants devaient donc prendre le moins de douches possible, ce qui étaient ardus, étant donné l'intensité de la chaleur qui ne régressait pas, continuant de faire subir à la population son aride et difficile climat.

Elle finit par aller se coucher, persuadée que sa vie, et la tournure qu'avait prise celle-ci ne changerait pas. Que tout serait éternellement pareil, et qu'elle ne devait rien attendre de plus du jeune homme dont elle était éperdument amoureuse.

Mais qui peut savoir de quoi sera fait demain?

oOoOoOo


- Comment ça, une soirée entre amis? demanda la jeune medecin-nin aux cheveux roses, en levant un sourcil interrogateur.

Son meilleur ami répondit, son éternel sourire aux lèvres. Il s'attendait à ce qu'elle soit méfiante. En effet, combien de plan lui avait-il déjà concocté, dans le but qu'elle trouve quelqu'un qui lui conviendrait, puisqu'il jugeait que la vie amoureuse de sa coéquipière était désolante, puisqu'elle n'avait eu aucune aventure. Quand elle lui avait demandé pourquoi il ne le faisait pas également pour Sasuke, qui était lui aussi son meilleur ami, et également célibataire. Il lui avait tout simplement répondu qu'il se battait bien assez souvent avec l'Uchiwa pour ajouter un nouveau motif à leurs trop nombreux duels.

- Ne t'inquiète pas Sakura-chan, il n'y a aucune manigance cachée. Bon, si tu trouvais quelqu'un, ce ne serait pas pour me déplaire... Mais, ajouta-t-il précipitamment en voyant le regard noir et assassin que lui lançait la jeune femme, je n'ai invité aucun garçon que tu ne connaisses pas, et avec qui j'ai particulièrement prévu qu'il se passe quelque chose.

- Pas de coups foireux comme Idate? Parce que c'était vraiment un imbécile fini celui-là!

La jeune femme parlait d'un homme que son meilleur ami lui avait présenté quelques semaines plus tôt. Ce rendez-vous là avait été pire que catastrophique. Le dénommé Idate s'était en effet révélé être un pervers orgueilleux et prétentieux, qui avait passé la soirée à vanter sa soi-disant incommensurable beauté et son intelligence, et à faire des sous-entendus pour exprimer son intérêt lubrique pour la jeune medecin-nin. A la fin du repas, tandis qu'il la raccompagnait chez elle, il avait même eu l'audace de toucher ses fesses, sans essayer d'être discret. Elle l'avait alors envoyé paître, le balançant contre un mur avec toute la force dont elle disposait.

Sakura soupira, en resserrant sa queue de cheval. Elle avait pris l'habitude de toujours nouer ses cheveux, les attachant en queue haute, ce qui la gênait moins quand elle se battait ou quand elle exerçait dans son rôle de médecin. Ces deux métiers étaient périlleux, pour elle ou pour les autres, et rien qu'une mèche lui brouillant la vue une fraction pouvait soit lui être fatal à elle, soit à la personne qu'elle soignait.

- Soit, je viendrai, céda-t-elle enfin, soupirant comme résignée à endurer une torture à laquelle elle aurait très volontiers échappée.

- Super! Tu n'auras qu'à tous nous rejoindre au bar où on va tout le temps, d'accord? Faut que j'y aille, je dois encore prévenir Sasuke!

Elle s'immobilisa soudain, le temps de digérer cette information.

- Oh...Sasuke vient...aussi?

- Bah oui! Ca paraît normal! Bon, j'y vais, on se retrouve tout à l'heure!

Sur ces paroles, il s'enfuit, la laissant perdue comme jamais. La soirée prenait soudainement une toute autre allure. A chaque fois qu'il la traitait comme une simple amie, en présence de tous leurs camarades, cela lui faisait mal, et ce rendez-vous ne ferait qu'accentuer la plaie profonde que l'attitude du jeune homme creusait au fur et à mesure dans son c½ur. Elle se résolut toutefois à y aller, pour ne pas blesser le blond qui lui servait de meilleur ami.

oOoOoOo


Sakura pressa un peu le pas, consciente que si elle traînait encore, elle serait vraiment en retard. Or, si l'idée lui avait paru très plaisante, elle ne voulait pas d'une part décevoir son meilleur ami, et d'autre part pour ne pas montrer à l'Uchiwa que ses faits et gestes la troublaient, et pour certains la blessaient.

Elle avait fini par soupçonner la raison du comportement du jeune homme. C'était très simple ; il se fichait complètement d'elle. Il devait éprouver un plaisir malsain et sadique à la faire tourner en rond. De plus, il voulait prouver qu'elle n'était rien sans lui, la réduisant ainsi à l'état de simple objet, la traitant comme un chien qui attendrait son maître sans se poser de questions. Il la diminuait, lui faisant bien comprendre qu'elle ne pouvait rien sans lui, qu'elle ne pouvait pas s'en détacher, qu'elle lui était soumise de par son amour et l'attirance qu'il exerçait sur elle. Ainsi, elle se maudissait d'être aussi faible, pour lui céder, encore et toujours, de lui rester fidèle et de lui donner tout ce qu'il voulait, sans rien prendre en retour, si ce n'est souffrance et tourments.

Aussi avait-elle décidé de lui prouver qu'elle pouvait se débrouiller sans lui, du moins le temps d'une soirée, puisqu'elle savait bien que dès le lendemain elle se jetterait sur ses lèvres dès qu'il lui offrirait. Elle allait s'amuser, rire, tout ce que faisait une jeune femme normalement constitué de vingt ans. Que ce soit avec ou sans lui.

Mais personne ne peut deviner ce qui lui arrivera, dans les instants qui suivent ou dans les années à venir...

Elle arriva enfin en vue du fameux restaurant, où attendait déjà bon nombre de ses amis. Naruto lui faisait des grands signes, Hinata à son bras, Ino riait aux côtés de Kiba, son fiancé depuis deux mois maintenant, soit trois ans après qu'ils se soient mis ensemble, lors d'une mission, où ils avaient tous deux cru mourir.

A leurs côtés, Sai, le seul encore célibataire de la soirée, avec elle et Sasuke, puisque Temari et Shikamaru habitaient maintenant à Suna tous les deux, et n'avaient pu faire le déplacement, et que Tenten s'était vu déconseillé les soirées, puisqu'elle entamait son huitième mois de grossesse. Neji était donc resté avec elle, pour parer à une éventuelle complication. Lee étant en mission, comme leurs autres camarades, il n'y avait donc qu'eux à cette soirée organisée par le blondinet.

Elle s'avança vers eux, offrant un chaleureux sourire à ses amis, sans néanmoins s'attarder sur Sasuke, qui appuyé contre le mur d'un air impassible, la fixait cependant sans que personne ne s'en rende compte.

Ils rentrèrent et s'installèrent tous à une table, Sasuke en face de Sai, celui-ci étant placé à côté de la jeune medecin-nin. Les discussions allaient bon train, l'alcool coulant à flots, surtout du côté du dessinateur et de sa voisine.

Après six verres de sake, ils s'étaient vus mettre en garde par leurs amis, sur le ton de la plaisanterie, mais avaient éclatés de rire et rétorqués qu'ils étaient assez grands pour décider de ce qu'ils faisaient.

L'artiste était maintenant bien près de la jeune femme aux cheveux roses, riant à gorge déployée avec elle. Un rire un peu hystérique et nerveux, provoqué en partie par leur consommation abusive d'alcool. Cela semblait irriter le descendant de la prestigieuse famille disparue des Uchiwa, qui se renfrognait au fur et à mesure que les deux jeunes gens se rapprochaient.

Soudain, Saï, complètement ivre, posa sa main sur la cuisse de la jeune femme, légèrement plus haut que la convenance l'exigeait. Elle se contenta de glousser nerveusement, inconsciente de ce qu'il faisait.

Contrairement à Sasuke. S'il n'avait pas dit un mot de la soirée, il la bouleversa de manière indubitable.

Il se leva et frappa Saï, l'envoyant droit s'encastrer dans le mur, avant de le jauger une seconde du regard, l'air méprisant, et de tourner les talons, quittant le restaurant sans dire un mot.

Sakura, rendue plus courageuse grâce à l'alcool, décida de le suivre pour obtenir des explications. Tant pis si ça la blessait, elle ne souffrirait que le lendemain après tout, quand elle serait redevenue lucide.

Les choses ne sont jamais ce qu'on croit...

Elle le rattrapa une rue plus loin, tandis qu'il semblait vouloir retourner dans sa demeure.

- Attends un peu Sasuke! Qu'est-ce qui t'as pris?

Le jeune homme se contenta de la regarder, ses yeux semblant faits d'une liqueur chaude qui se consumait.

- Pourquoi tu as frappé Saï? Je m'amusais bien pour une fois! J'étais contente! Si je ne l'ai pas repoussé, c'était bien pour quelque chose! A quoi tu pensais? Je vois, tu crois que je suis à toi! Continua-t-elle sans lui laisser le temps de répondre. Tu crois que tu es le seul à pouvoir t'amuser. Mais c'est vrai, Sakura est tellement idiote, autant se payer une bonne tranche de rigolade! Faisons la un peu mariner, la pauvre imbécile! C'est ce que tu t'es dit, pas vrai; la première fois que tu m'as embrassé? Elle est tellement crédule, qu'elle va s'imaginer des choses, pendant que moi, je vais bien me foutre de sa gueule! C'est ça? C'EST CA QUE TU CHERCHES? A ME BLESSER, UNE FOIS NE T'A PAS SUFFIT?

Elle ne put ajouter un mot de plus, car le jeune brun avait capturé ses lèvres, la réduisant au silence par un moyen plutôt agréable. Elle se laissa faire quelques instants, répondant au baiser avec fougue, avant de le repousser brutalement, s'écartant de lui, l'air furieuse et à bout.

Elle le fixait, hors d'elle. Comment osait-il encore faire ça? Il ne cherchait donc qu'à la blesser? Comment pouvait-il encore réduire son c½ur en charpies, comment pouvait-il continuer à vouloir réduire son âme à néant, à la meurtrir au plus profond de son être?

- A QUOI TU JOUES A LA FIN?

Elle avait hurlé ses mots, déchirant l'abîme du silence. Crachant sa souffrance, des larmes se mirent à rouler tout doucement sur ses joues, sans qu'elle ne cherche à la arrêter, trop désireuse de s'accrocher à l'instant présent, de graver au plus profond d'elle-même les dernières secondes où elle pouvait encore croire qu'il pouvait l'aimer.

Le futur appartient à ceux qui voient les possibilités avant qu'elles ne deviennent évidentes.

Il restait silencieux et la fixait. Il la regardait, immobile. Elle haletait, il lui semblait qu'elle avait suspendu son âme à un fil, et qu'elle était témoin de l'usure de celui-ci, qui ne tarderait pas à se rompre, entraînant sa vie avec.

Elle avait tout donné, elle était au bord du gouffre, et il allait l'y pousser définitivement, elle en était certaine.
Comment pourrait-il en être autrement, lui qui l'avait toujours rejeté?

Elle patientait, guettant l'instant où elle serait condamnée. Elle ne savait pas ce qu'elle ferait alors. Rien ne serait plus pareil, c'était certain. Elle serait contrainte de partir, parce qu'elle ne supporterait pas de le voir jour après jour, en faisant comme si de rien n'était. Elle serait forcée de quitter le village, ou alors, de partir de façon beaucoup plus radicale, et de tout quitter...de manière définitive.

Il suffit de quelques mots pour bouleverser le cours de toute une vie...

Trois mots. Trois petits mots tout simples. Les mots qu'on entend sûrement le plus, partout dans le monde, prononcé dans des milliers de langues différentes, et qui possèdent tous des nuances.

Trois tout petits mots. Mais qui avaient fait chavirer son c½ur. Celui-ci semblait d'ailleurs s'être arrêté de battre.

Elle avait le souffle coupé, les yeux écarquillés par cette réponse qu'elle n'avait osé imaginer que dans ses rêves les plus inimaginables et fous.

Je t'aime.

Rien que ça.

- Qu...quoi?

- Je t'aime.

Il s'approcha doucement d'elle, jusqu'à se retrouver tout près, à quelques millimètres à peine.

- Je m'excuse si je t'ai fait souffrir, ce n'était pas mon intention. Tu sais commence je suis, Sakura, incapable de montrer de façon trop équivoque mes sentiments. Si je ne te l'ai jamais dit, c'est peut-être parce que j'avais peur. Je sais ce que tu dois penser, moi avoir peur? Eh bien oui, même moi qui suis si fier et orgueilleux, j'ai peur. J'ai peur de souffrir encore une fois, en accordant ma confiance et mon...amour à quelqu'un. C'est plus facile de prétendre n'aimer personne, et de ne pas s'attacher, parce que les personnes qui peuvent vous faire le plus mal sont celles le plus proches de vous. Mais je ne veux plus être seul, Sakura. Je m'excuse de t'avoir fait attendre aussi longtemps, mais je suis là. Maintenant. Et je ne te demande même pas de me pardonner, parce que tu as tout à fait droit de me détester à présent. Ce serait même normal. Je t'ai fait souffrir un nombre incalculable de fois, et je le regrette, mais ça ne change rien. Et même si tu décidais de me laisser une chance, une dernière chance, je sais que je te ferais parfois souffrir, parce que je suis tellement différent de toi. Toi qui es si...pure, murmura-t-il, en levant sa main et en caressant doucement sa joue. Si belle, si douce, et si fragile...si émotive, si expansive...si aimante... Je suis froid, et je ne pourrai pas t'offrir la vie dont tu as toujours rêvé, remplie de je t'aime et de sorties entre amis, parce que je ne montre pas mes sentiments facilement. Mais Sakura, lui chuchota-t-il, en la fixant de ses yeux noirs, si tu décides de m'accorder une seconde chance, que je ne mérite pas, c'est certain, je te promets d'essayer. Parce que je ne veux plus jamais te perdre.

Il replaça une des mèches roses de la jeune femme qui lui retombait sur les yeux, avant de lui murmurer une dernière chose.

- Je t'aime, souffla-t-il, conscient que tout se jouait à ce moment-là.

Elle le regarda, pendant de longues secondes qui semblaient s'éterniser, puis fondit en larmes.

- Qu'est-ce que tu m'as fait, bon sang, pour que je sois aussi amoureuse de toi?

Juste quand elle eut prononcé ses mots, une goutte d'eau s'écrasa au sol, suivie bientôt par des centaines, des milliers d'autres. La pluie tant espérée était enfin arrivée, signe de renaissance, et les habitants de Konoha regardaient tous à leur fenêtre, soulagés. Mais pour les deux jeunes gens, cela ne comptait pas outre mesure. Ils avaient bien mieux à faire.

Le jeune homme eut un petit sourire, avant de rapprocher la jeune femme et de la serre doucement dans ses bras, lui murmurant des paroles douces et la berçant pour qu'elle se calme. Quand ce fut enfin le cas, elle leva la tête et l'embrassa, avec une fougue mal contenue. Il répondit volontiers à son baiser, passant une de ses mains dans les doux cheveux roses de la jeune medecin-nin. Elle s'agrippa à lui, refusant de se décoller de sa peau, de son corps dont les contours semblaient taillés juste pour épouser ses formes. Il la prit dans ses bras, avant de la conduire à son manoir. Elle n'eut même pas le temps de se rendre compte qu'elle était rentrée, ses lèvres soudées aux siennes, qu'il la déposa avec douceur sur le lit aux draps de soie noire. Il rompit leur baiser pour la contempler quelques instants, elle qui était si belle, les joues légèrement rouges, les cheveux légèrement ébouriffés, elle qui donnait toujours l'impression d'être parfaite, laissait enfin entrevoir une jeune femme avec ses failles, et cela lui plaisait encore plus.

Il embrassa son cou, provoquant des frissons chez son aimée, laissant glisser ses mains sur le corps parfait de la jeune femme. Il déboutonna les premiers boutons de la jeune femme, posant ça et là ses lèvres sur la naissance des atouts généreux de la jeune femme, accélérant aussitôt le souffle de celle-ci. Puis, il la débarrassa de son soutien-gorge, embrassant sa poitrine généreuse, léchant quelques endroits, avant de la dévêtir complètement. Elle-même était tout aussi entreprenante, puisqu'elle avait déjà enlevé le tee-shirt et le pantalon du jeune brun. Elle reprit d'autorité les lèvres de son premier et unique véritable amour, scellant ainsi ses cris à l'intérieur de sa bouche. C'est tout naturellement qu'ils se lièrent l'un à l'autre, dans un échange de passion, de tendresse. Il la posséda, envahissant tout son être, la moindre parcelle de sa peau criant son nom dans une délicieuse plainte lascive et exaltée. Ils se fondirent en un seul être plusieurs fois cette nuit-là, dans des échanges bouillonnants, violents et fiévreux, mais où on pouvait deviner une avalanche de tendresse, de douceur et de délicatesse. Essoufflés, ils se laissèrent tomber sur leur couche, sereins et formidablement heureux. Elle finit par se blottir contre son torse, tandis qu'il enroulait ses bras autour de sa fine taille, murmurant un dernier je t'aime avant qu'il ne sombre tous les deux dans les tourbillons du sommeil.

oOoOoOo


2 ans et demi plus tard...

- Sakura-chan! Sakura-chan!

La jeune femme aux cheveux roses se retourna, souriant en voyant son meilleur ami de toujours courir vers elle, un immense sourire aux lèvres.

- Alors, comment vas-tu, madame Uchiwa?

- Arrête de m'appeler comme ça Naruto! le rabroua-t-elle, les sourcils froncés. Ca fait déjà cinq mois, tu pourrais arrêter maintenant! Et puis comment ça se fait que tu laisses Hinata toute seule! Elle doit être épuisée, tu dois l'aider à s'occuper du bébé je te rappelle!

La blondinet passa sa main derrière sa nuque et se frotta celle-ci dans une mimique gênée.

- En fait, elle n'a envoyé faire des courses; apparemment les bébés ne peuvent pas manger de ramens! Tu te rends compte Saku? Ils n'ont pas l'immense bonheur, le privilège exquis de savourer un délicieux bol de ramens chauds! Rien que d'y penser j'en ai l'eau à la bouche! D'ailleurs, je vais aller m'en acheter! Allez, à la prochaine Sakura! Bonne chance avec ton imbécile de mari, madame Uchiwa!

Elle soupira en le regardant s'éloigner, quand soudain, il tourna la tête vers elle, un immense sourire aux lèvres.

- Au fait, Tsunade m'a convoqué dans son bureau ce matin!

- Qu'est-ce qu'elle t'a dit? cria-t-elle pour qu'il l'entende, puisqu'il était maintenant à plus de dix mètres d'elle.

Il lui adressa un dernier sourire plein de malice, avant de hurler.

- JE VAIS DEVENIR HOKAGE!

La jeune femme resta stupéfaite, les yeux écarquillés par la surprise. Puis, quelques minutes plus tard, un sourire se dessina lentement sur ses lèvres, tandis que des larmes de joie embuaient ses yeux.

- Qu'est-ce qu'on va devenir? murmura-t-elle avant d'éclater de rire.

Elle se dirigea ensuite vers une pharmacie, la raison toute première de sa sortie. Elle sourit à la pharmacienne qui lui faisait face, avant de demander une chose qui allait certainement tout changer.

- Bonjour, je voudrais un test de grossesse.

oOoOoOo


La jeune femme aux cheveux roses déposa le dernier plat sur la table. Elle savait qu'elle ne pourrait pas faire autrement que lui annoncer, et cela lui faisait un peu peur. Pourtant, elle était certaine qu'il ne la blesserait en aucun cas.

Si Sasuke lui avait prédit qu'elle souffrirait énormément, il n'en fut rien. Il avait fait énormément d'efforts, pour elle, pour eux. Cela allait du simple sourire, des petites attentions, comme une petite boîte entourée de ruban sur la table de nuit quand elle se réveillait, avec un petit cadeau à l'intérieur, à la chose qui lui faisait le plus plaisir, un je t'aime murmuré au creux de son oreille. Ils avaient pris la décision, un an et demi plus tôt, de vivre ensemble. La raison était en outre que c'était plus simple pour eux d'éviter les nombreux trajets entre son appartement et le domaine des Uchiwa, mais surtout, parce qu'ils avaient envie d'être ensemble, tout simplement. Ils s'aimaient, et voulaient passer leur vie tous les deux.

Mais qui sait si il était prêt à accepter la nouvelle qu'elle allait lui annoncer?

Personne ne pouvait répondre à cette question, sinon lui, ce qui lui causait son trouble.

Soudain, deux bras entourèrent sa taille, la faisant sursauter, avant qu'un sourire ne dessine le contour de ses lèvres.

- Tu es rentré, murmura-t-elle, les mains posées sur les bras de celui qui l'avait capturé.

- Oui, murmura le jeune homme brun qui la tenait dans ses bras. Excuse-moi si je t'ai fait attendre.

- Non, ne t'inquiète pas, j'avais juste fini de mettre la table. Ca s'est bien passé, ta mission?

- Oui, nous avons réussi à localiser le fuyard facilement grâce au byakugan de Neji, et son arrestation a été un jeu d'enfant.

En se souvenant de quelque chose, elle se retourna vivement, un air émerveillé au visage.

- Tu as appris pour Naruto?

Le brun soupira, laissant néanmoins un léger sourire envahir ses lèvres, trahissant sa joie et son contentement.

- Oui, ce baka m'a quasiment sauté dessus à la seconde où je suis revenu pour me l'annoncer. Si je l'avais su avant, j'aurais pu chercher une maison dans un autre village, histoire de survivre.

- Tu parles! répondit-elle en éclatant de rire. Tu es ravi, j'en suis persuadée!

Il ne lui répondit rien, se contentant de s'installer en face d'elle à la table qui leur servait à manger tous les jours. Ils discutèrent de choses et d'autres, de la mission de l'héritier des Uchiwa, du travail de la kunoïchi à l'hôpital, jusqu'à ce qu'enfin, la jeune medecin-nin trouve le moyen d'annoncer la nouvelle à son amant.

- Il faudra qu'on trouve une utilisation pour la pièce vide à côté de la chambre, parce que c'est dommage de gâcher de l'espace.

Elle saisit alors la balle au bond.

- On a qu'à l'aménager, ce sera pratique, comme ça quand le bébé pleurera, on pourra tout de suite se lever pour voir ce qu'il a, déclara-t-elle tranquillement, en continuant de manger comme si de rien n'était.

Réaction totalement opposée à celle de son mari, qui lâcha net sa fourchette, les yeux légèrement écarquillés par la surprise.

- Quoi? fut le seul mot qu'il réussit à prononcer, lui d'ordinaire si calme, qui gardait son sang-froid en toute occasion.

Elle lui sourit malicieusement, amusée et quelque part angoissée de voir sa réponse.

- Eh bien oui, il faut bien penser à lui faire sa chambre, à ce petit bébé! On va pas prévoir tout au dernier moment, ce serait plus de stress! Et puis ce serait marrant non, d'aménager sa chambre, et tout et tout! Peut-être même qu'Hinata et Naruto pourront nous donner quelques conseils!

Il était maintenant complètement figé, abasourdi.

- Un...enfant...

- Oui Sasuke, un enfant. Notre enfant. A tous les deux, répondit-elle, redevenue grave.

Le jeune homme n'avait aucune réaction, restant immobile, jusqu'à ce qu'il se lève, se rapproche de Sakura et la prenne dans ses bras pour la serrer très fort contre lui.

- Merci Sakura...Merci pour tout ce que tu me donnes...Merci de m'avoir laissé une deuxième chance...Merci d'enchanter ma vie jour après jour...Merci de m'aimer...

La jeune femme laissa couler quelques larmes de joie, enlaçant le cou de l'homme de sa vie de ses bras. Ils restèrent longtemps dans les bras l'un de l'autre, savourant la chaleur de cette étreinte, parfumée d'un doux goût d'éternité.

Il l'emmena ensuite dans leur chambre, où il l'aima tendrement, prouvant son amour de milles et une façon. Les derniers mots qu'elle entendit chuchotés au creux de son oreille furent "je t'aime".

oOoOoOo


Le 6 août est né un petit garçon du nom de Takeo Uchiwa, et qui fait depuis le bonheur de ses parents, qui parlent déjà de leur prochain enfant...


FIN

# Posté le vendredi 30 janvier 2009 05:53